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.samedi, juillet 19, 2003
23:03 |
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je suis gentille (comme toujours) je trouve un compromis (c'est rare)
entre chouchou et viande art
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16:48 |
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<your body>
<your/ body>
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12:30 |
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on m'a demandé moins de viande je mets plus de chouchou |
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.vendredi, juillet 18, 2003
12:59 |
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"p.s. : ces images post n'a auncun intérêt pour le visiteur. seul intérêt : entretenir le STRESS. "
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.jeudi, juillet 17, 2003
17:52 |
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ce que je veux dire je ne le dis pas mais simplement
petite auto le visiteur s'appelle il va commencer à le savoir mais simplement
petite auto |
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17:38 |
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cher monsieur frédéric,
voulez-vous dire que les milliers de mots laissés 'petshopboyish' (eh! je croyais que ce blogger les avalerait pas : il se plantait chaque fois que je le copy laissait !) sont de la merde à bouffer, lourde ? AH!AH!
--- étrange le stress sur ce 2balles, j'aime bien --- ; ) : OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarggggggggggggggggggggggggghhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
p.s. : ce post n'a auncun intérêt pour le visiteur. seul intérêt : entretenir le STRESS. |
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14:17 |
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et vous, , vous faites quoi ?! |
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00:24 |
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(le copyleft c'est de la merde) |
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.mercredi, juillet 16, 2003
.mardi, juillet 15, 2003
21:10 |
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je voulais poster un texte long 103 132 caractères espaces compris (dixit word), mais c'est un si gros bordel que ce puits sans fond ne peut l'avaler. tant pis - ça pouvait et peut ne jamais y être. |
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21:05 |
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petshopboyish
Je vivrai. Des minutes. Jusqu’un moment ça tenait.
J’ai vécu. Des minutes. Jusqu’où c’était un à quoi bon ? Si ça tient plus ça va. C’est pas fini.
Elle est sortie, avait fait son sac. La trousse de toilette. La brosse à dents. L’ordinateur à balancer. La chambre est restée vide. Les infirmières ont un joli sourire, quand on s’en va. On a traversé des couloirs ; les malades restaient. Hier paraît loin... Toi. Rien est simple ; rien est compliqué. S’abandonner comme l’eau.
Dans l’ascenseur l’odeur de l’hôpital ; nous avions hâte de sortir. C’est autre chose aujourd’hui, près du bougainvillée serrer le bébé d’une amie : la nostalgie, le souvenir. De la voir dans un service, faible. Fatiguée. Elle écrivait. Pas vieille. Le cachait aux gens de l’hôpital, qui voulaient son rétablissement. Le corps va. Le coeur va.
Tu liras.
J’me souviens : devant la grande entrée la brise, l’air senti. Le sac à la main, le nécessaire. Elle écoutait les bruits, pouvait aller n’importe où. J’me souviens ses défenses parties, la sensation d’être nue... J’étais là. Avais trouvé un appartement plus haut dans la ville, moins cher, pour un mois. Elle avait fait une liste. J’avais déménagé. Peu. Le reste est à donner, elle a dit, « et le reste, à la poubelle ! » Ce que personne voudrait. Les papiers, les trucs usés, trop, comme la peluche. Râpée. Elle a jeté la caisse avec les disques des Pet Shop Boys, puis l’ordinateur. Restait que le sac, et des vêtements sur son corps maigri. Je sentais le sang dans sa poitrine ; elle avait peu de poids, on aurait pu la renverser ; en baskets, fébrile, les couches comme des barrières, comme enlevées, comme d’un oignon les couches parties, restait elle, cette fragilité, le désir qu’ce soit une force !, et l’envie de pleurer.
Tout ça est un texte qui a commencé avec mon amour. Léo (Lola aime Léo, ça pourrait faire une chanson... ) : il nous attendait. Faisait rien ; qu’un joueb. L’a repris quand ma soeur est morte.
Parce que ma soeur avait une fille, et Léa est revenue avec moi, en Europe ; je les avais visitées, elle est morte, c’est ainsi.
Il a écrit, pas pour elle au début, après oui : pour dire à une petite, pas née dans un pays froid, qu’il vivait loin d’elle, de moi. Dire ce qu’il vivait. Puis il est mort. 2 morts, ça existe. J’étais à l’aéroport, moi Lola, avec Léa, pour l’élever. Je me suis retrouvée seule. Soudain. En m’y attendant pas (mais je souriais, au moment de mettre son sac dans le coffre : on était joie. J’avais du rouge à mes joues. Elle a mangé la truite, les pommes de terre. Le goût. Plaisir d'être sur une chaise de bois !, et on est allées dans le jardin, emmitouflées ; les arbres sous la gelée, blancs. Paisible. Regarder (après l’aéroport. Après l’hôpital)).
La première partie, que voulait offrir mon amour, je l’ai donnée à Léa. Ai dit : sur cet url, il a écrit pour toi.
Elle avait vingt et des ans. A rien senti. Tout avait passé.
S’il y a une deuxième partie, et une troisième, c’est que Léa a changé, pas beaucoup. Je ne sais pas si elle est devenue folle ; physiquement aussi elle est plus pareille.
Tout ça a commencé avec, sur l’url, dans un coin un lien caché : Léo avait composé un second mini journal, sur les Pet Shop Boys – duo électro-pop, ils venaient de sortir « Release »... Rien d’autre a accroché Léa ; ça a suffi. Ces mots qu’elle a mêlés aux siens dans la deuxième partie : à la sortie de l’hôpital, elle venait de poster sur l’url de Léo son texte à elle, ce qu’elle vivait : parmi les fragments sur les Pet Shop Boys, dont elle écoutait les disques, à son tour, elle a écrit. Première, deuxième, troisième partie, mélangées – c’est c’est c’est que... c’est farfouillu c’est ainsi. Ce bordel commence à la fin : la troisième partie, quand Léa, par jeu presque, a voulu imiter mon amour : dire ses jours. Un joueb. Dire qu’elle vivait. Je vis. Alors le grave est venu, tu liras ça, itouitou pop ! (c’est parti).
1
Le premier jour je me suis éveillé. Aucun bruit pour me retenir. Une demi-heure je me suis rendormi.
Puis je me suis levé. L’appartement était calme. J’avais prévu, la veille, le soir, de commencer une nouvelle vie.
M’habiller, me laver, je trouvai pas de raison de le faire. Dans la cuisine il y avait de quoi petit-déjeuner. J’ai regardé par la fenêtre (j’essaie de penser moins ; décide rien).
J’avais prévu, la veille, le soir, de profiter de la solitude – je voulais faire une expérience : m’ouvrir. Ma fermeture je la regrettais pas : nul procès intenté au passé. Je me sentais vieillir, voilà : pas être un vieillard, juste plus être jeune : avoir atteint le niveau où, le verre à moitié plein, on se demande s’il est à moitié vide. Où on sait qu’on entame le liquide.
Ce matin-là, je voulais observer ; ce serait tout : accueillir le monde dans mes yeux, mon crâne.
Des moments se fixaient, à peine finis. Je les écrivais.
Mercredi 25 juin 2002
Dans un supermarché de nombreuses allées mènent des inconnus à des achats, plus ou moins nécessaires. Le caddie n’atteint la nourriture qu’après les accessoires musicaux et télévisuels, mais lorsqu’il l’atteint, soudain s’y trouve du vivant, qui n’est pas tant dans les aquariums les homards ou les coquillages : au rayon boucherie la viande a la couleur de nos intérieurs, sinon qu’elle a l’air glacée, emballée, conditionnée, telle la machine passant nettoyer le carrelage.
Les gens se réjouissent-ils de manger des cadavres ? Ils discutent, hésitent, non pas à manger du tué, mais à manger une viande plutôt qu’une autre. Deux amoureux, là, ne voient rien de morbide, arrivés à hauteur des saucissons, près des mains d’une servante. Elle effleure des lapins sans peau, crève leurs yeux (remettant un prix. Une enfant trouve ça dégoûtant).
Y a-t-il un plaisir à découvrir dessous des apparences, lisses, du vif mort, ou allant crever, tel le sang coulant de notre nez, propre le lendemain ?
Je suis pas aristocrate. Ils me font rire, ces mots emmêlés.
Je marchais beaucoup. Après les courses, je suis rentré. Les sacs boudinaient mes doigts. J’ai attendu. Dans la cuisine de la vaisselle traînait, sans éponge. Je l’ai laissée, ai mis une heure pour ranger les achats. Je m’isolais ; j’étais personne. Assister à l’environnement m’allégeait. Moins de contrôle : je me laissais porter, sans projet. Commencer une nouvelle vie, accueillir le monde dans mes yeux, mon crâne, c’était raté : une femme pensait à moi, en voyage ; et le monde existait sans mes mots.
J’avais découvert une semaine avant d’en débuter un, des journaux en ligne, intimes. Ecrire pour n’importe quel inconnu m’occupait. Peu. Qui devint exceptionnel ; qui disparaîtra pas ?
Dimanche 29 juin 2002
Le train s’arrête dans des villes calmes, après la métropole. Y grimpent des étrangers. J’aperçois un garçon ; il monte dans le wagon ; je peux entendre sa voix féminine : elle vire masculine, a un air hermaphrodite (j’ai vécu la puberté, ai été forcé d’entendre la conversation de l’adolescent : son timbre charmeur, fluet, prétentieux... Dans le portable parlait une fille ; répondait la voix pas fixée, du côté des adultes, du côté des enfants. Le garçon aimait avoir une auditrice, dans un désir imprécis de la voir dévêtue, et ne se souciant que sur ma banquette, j’aurais voulu profiter du paysage et de l’oisiveté, pour penser à rien qui ne s’en va).
Les arbres d’une forêt, en concurrence, finissent droit. L’égoïsme est ainsi profitable. Je ne vis pas à la campagne. Il y a de beaux arbres ayant grandi seuls, également : ils s’étendent en largeur, ont un tronc frôlé ou blessé par des gens de passage.
J’ai pas regardé les arbres au bord des gares. J’ai pensé « tous on a un peu de merde dans nos corps ; marcher dans celle des bêtes nous dégoûte ; les humains qui sentent puent ; je supporte mon odeur ». J’ai pensé au cul de l’adolescent ; il puait. J’ai cru lui ressembler (j’aime, ai aimé, aime être aimé, mange, produit des déchets, dort), égoïste à ma manière.
Le train arrivé à la côte, le vent a soufflé froid. Au retour, la douceur du printemps, un sentiment d’être perdu. Impression de sursis.
Nous avions déménagé, avant qu’elle s’envole. Nos connaissances étaient ailleurs.
Une vitrine d’il y a huit ans revient : sur des pétales roses, j’avais déposé des bijoux. Ils s’enfonçaient dans des fleurs. Deux jours après, le magasin a rappelé : on voyait pas briller l’argent ; ils dirent mon travail confus (tout avait été dessiné, planifié) ; j’ai obéi : ils voulaient des losanges. Du feutre bleu, point. Les bagues dessus ; stupide. Après une heure, contents, ils m’ont remercié. Crétins. Les pétales étaient fanés.
Lundi 30 juin 2002
Je suis allé acheter des jardinières (je parle de moi ; quelle importance ? tu me connais pas).
Un peintre précisa, dans une lettre, que le dessin et la couleur sont un art second : l’art premier enfante. Mais qui croit que la nature copie le sculpteur : que le nouveau-né imite le bloc de pierre ?
... Quel rapport avec les jardinières ? J’aurais pu rester à écrire, face à l’ordinateur ; avoir une trace, tandis que préférant verdir la façade, j’ai perdu une après-midi. Or seules les secondes fuyant (essaierait-on de les retenir, elles ne s’écouleraient) nourrissent ce que figent des mots, du bronze... Le réel suffit. Pas besoin de le créer.
Oh je sais ; je devine la difficulté : un paysage à l’envers et des troncs roses existent ? C’est pas ça ; je veux dire : que peut-on refuser à l’art ? Qu’il méprise notre ordinaire. Méprise l’art de faire des enfants, et fasse des noces désincarnées – les images plus vraies que leur original... quelle tristesse, oui ? : ne pouvoir sentir l’odeur fétide du jasmin, enfermé dans une petite pièce, sur une toile de musée.
Les lierres et la vigne vierge poussent dans des bacs étroits. L’ancienne vie se poursuit, attendant l’imprévu.
J’ai été jeune, ensuite étalagiste ; ai composé des devantures, du luxe. Bourgeoisies. Et beaucoup lu.
Les pensées s’étaient épanouies les premières, vite étouffées par des pucerons. L’une, avant de périr, avait fleuri mauve. D’autres graines germèrent parmi les herbes.
Un chèvrefeuille ajouté, ses rameaux s’aidèrent du vent pour rouler autour du fil de fer, sur une gouttière. Les pousses nées serrées s’ouvrirent en deux, après se lissèrent. L’appartement est un ami. Le vide vient du dehors.
Mardi 1er juillet 2002
Vue de la fenêtre du premier étage, une fille passe dans la rue piétonne : d’abord elle traîne ses pieds, en zigzag (elle est saoule ?). Vêtements négligés... Le second détail que je remarque : son crâne ; vue de front rien n’y paraît ; vue de haut, lui manquent des cheveux – un faible duvet, montré d’habitude au ciel, flotte.
Elle n’est pas clocharde : c’est d’avoir marché dans une crotte qui la fait traîner sa sandale ! Rentre-t-elle chez elle ? Se balade-t-elle avec la chaleur, tombée ? Si par-dessus ta chambre, ta maison avait un étage de plus, un locataire pourrait t’observer. Devinerait-il tes cellules s’épuisant, ton âge ? S’il avait passé une nuit blanche, continuerait-il la même existence que la veille, peu paumé, saoul sans raison, pitoyable vu d’une face, éveillé vu d’une autre ?
Pas poser de questions est difficile ; pas conclure, oui.
Les capucines avaient cru.
Mercredi 2 juillet 2002
Il faudrait rien savoir… On serait comme un enfant, un petit enfant ; qui regarderait autour de lui ; devant remarquerait un perce-oreille ; curieux le détaillerait.
Il faudrait croire tout ce que l’on voit, tout ce que l’on sent ; rien de ce qu’on dit, car souvent ça fait rien voir, rien sentir. Quoi écrire ? Pas de questions ? Il faudrait garder l’ingénuité mais c’est vain : on peut pas revivre pour la première fois : sentir pour la première fois un lys orange.
Il faudrait faire le deuil de l’ingénuité, pas de la curiosité : retrouvant le lys aller toucher la poudre des étamines. Encore vouloir : voir et encore sentir, même si on en peut rien de s’ennuyer, d’être moins émerveillé. Faudrait profiter du bordel : la richesse du réel : le farfouiller chaque matin, étaler le pollen après la touche des étamines ! Etre attiré, perplexe. Rien épuiser.
Se dire « Regarde ! tous les détails, ici ! Maintenant qui se démodera, ressemble à hier... », se dire « Sois de passage ! », se dire « Ta présence se justifie : tu montres tu es unique, et si tu évites de tout ramener à toi (loin des romantiques dont on affirma qu’impuissants, ils rendirent le monde absurde), tu montreras au-delà du quotidien : l’air le remuant - ton souffle sera pour ton entourage, organique, inorganique », se dire « Tu feras ton univers » mon dieu ! Se dire ces phrases est agréable, même si elles ne tiennent pas : il faut donc avouer que l’on a des iris, qu’ils sont bombés et qu’on peut se taire.
J’allais dormir tard. Sommeillais longtemps.
Coupais des tomates et de la mozzarelle. Au fond d’un saladier, je vidais des pâtes.
Juin avait plu deux jours. Il pleuvait.
De drôles de tiges, du liseron peut-être, sortirent.
Samedi 5 juillet 2002
Si un vivant observe des fragments, il ne peut dire « voilà la réalité ». Est-il à l’origine de sa vision ? « D'où provient-elle ? » est une question vaste ; d'autres s’entendant à voir pareil, on se rassure.
Je regarde.
Qu’advient-il si on cesse de vouloir notre existence, si on refuse de la contrôler ? Si l’extérieur influe sur nous, au moins, autant qu’on influe sur lui ? – c’est une humilité, une lâcheté ?
Aux apparences on attribue un dessous. Les photographier, les filmer atteint leur surface. Toutefois entre le cinéaste, le photographe et son dehors émerge une mixture, certainement pas réaliste. Certainement pas personnelle. Pour qu’elle arrive suffit-il d’attendre ? – espoir humble, pour l’artiste, débarrassé du génie (ou c’est une lâcheté, une paresse ?).
Dimanche 13 juillet 2002
La salle pas encore noire. Le sol feutré. Les bruits sont étouffés ; le film a pas commencé. Dans une heure les spectateurs se retourneront ; s’étonneront d’avoir été un grain dans la masse : de s’être senti seuls avec une histoire, finie.
Sous la lumière tamisée, deux. Jeunes. Auront vécu un moment. Convaincus de l’unicité de leur amour. Il posera sa tête sur l’autre épaule. Elle chuchotera avec tendresse. Ce sera meilleur que l’enfance. Ensemble. Dans un bâtiment immense. Réalisé pour qu’un art parle. A chacun.
Si la soirée réussit, ils feront l’amour en ignorant leurs mécaniques : elle se sera levée avec dans sa main droite une rose (sous plastique) et pour sa main à lui, une main gauche.
Ils seront banals : pas de pantalon bariolé ; pas de jupe courte ; pas de coupe hirsute ; pas de défaut vu de loin : une dignité bien jouée, un père et une mère, bientôt, allant embrasser un petit singulier, et perdu à la récréation parmi des pareils.
Sur le trottoir, des inconnus me ressemblent.
Il faut que ce soit net ; faut pas de saleté. Je nettoie. Quelques livres traînent, ou des vêtements abandonnés dans les pièces. Pas plus. Comme la vaisselle ils trouveront une place. La plante posée sur le scanner.
Je regarde les objets mal rangés. Les heures filent ; d’elles aussi j’ai perdu le contrôle.
Je fais des abdominaux et des pompages ; je suis mon corps.
L’essuie sur le haut-parleur. (Qui est certain de n’être fou ?)
L’ambition me quittait ; je m’imaginais, ayant rompu quelques connexions nerveuses, dessinant l’inimaginable… J’attendais, dépensant des économies ; personne savait. Je m’asseyais, vulnérable, et qu’en restera-t-il ? Des souvenirs et des lignes.
J’retournerai pas au magasin, brillant, dont j’ai soigné la présentation. C’est août.
C’était pas août.
Vendredi 18 juillet 2002
Dans la métropole au détour d’une église, une façade a été taggée ; l’odeur de pisse accumulée la rend triste. Une grande porte pourtant, laisse entrevoir derrière les scraboutchas une cour verte, foisonnante… Passée la porte, la maison ouvre ses fenêtres sur cette cour, tendresse cachée. S’est ainsi construite une parcelle reposante ; une sécurité, fermée, donnant sur la rue, d’abord l’église, ensuite les boulevards où klaxonnent les automobilistes. Où des jeunes passent qui font peur, et pourquoi ?
Après, des branches d’arbustes sont sorties du toit d’une maison. Abandonnée : murée. Sur les briques une bombe avait écrit « Sois doux ». J’ai alors aimé le quartier mêlant un théâtre et des hlm : aimé le contraste. Mon pas a flotté.
Ce soir, la frustration fera crier des gens. Qui pourront être brutaux, ou insulter sans raison.
D’autres dormiront, embrasseront. Auront construit une stabilité pour n’être pas sans protection, ailleurs : comme la chanson d’un homme frêle, ne voilant pas son homosexualité ou banalement, sa féminité : une mélodie d’un artiste vendant assez pour être nulle part : ni dans la marge, ni au centre ; comme être seul à marcher en s’abandonnant à la mélancolie, car on sait que si j’en peux plus, quelqu’un sera là.
Comme montrer sa tendresse, ouvrir la cour, vulnérable ; pas aux violents : aux comme soi, soulagés d’enlever leurs grilles. Laisser pousser les capucines. Jardiner à côté de la jungle, et tant pis pour les battants : survivront les faibles, qui entretiendront leurs forces. Les lents, sans voiture. Les malades, ne craignant de jamais guérir.
Aucun danger. Bientôt je rejoindrai des proches. Ils comprendront.
Des caleçons et un pantalon sur la rampe de l’escalier. Le pantalon est retourné ; les boutons de la braguette sortent. Des plis. Des coutures. Demain ce sera sec.
Dimanche 20 juillet 2002
A la télévision un débat : le pouce d’une demoiselle de dix ans, en gros plan, est posé sur le poème qu’elle récite.
L’écriture bleue sur le papier. Des enluminures d’enfant, roses, entourent certains mots. Le doigt agrandi, malgré sa jeunesse montre ses sillons, sa rougeur, son ongle. La feuille est propre, appliquée ; elle dit des sentiments.
Emeut l’aspect animal, imparfait, contrastant avec les vers : émeut l’image d’une sensibilité dépassant le visible.
Reprendre.
Mardi 23 juillet 2002
Une boîte à bisous. Dedans, des papiers d’un centimètre sur deux. Chaque papier porte trois mots : « mon petit cœur », « ma petite fleur », « mon petit sein », « mon petit rien », « ma petite sœur », « mon petit amant », « ma petite amie », « mon petit écureuil », « mon petit lou »... Seuls deux papiers ont deux mots : « mon petit » et « ma petite ».
La boîte est décorée de vert foncé, de vert clair, de mauve foncé et de rouge ; les marqueurs ont laissé des traits – c’est pas très réussi : on dirait un camouflage militaire ! ... Oh dedans les mots sont jolis, kitsch insouciants : ils usent les expressions de l’amour sans les épuiser : reproduisent la même formule, à l’infini...
Le cadeau n’a jamais été donné (j’aimais la perfection).
Aimer est un mot naïf ; un son de bête pour lequel on se presse, mulot contre un ventre étranger. Se prendre au sérieux ? Etre personne ? J’ai vécu et travaillé avec minutie. Ermite, j’aurais écrit des phrases admirées (dès que j’ai goûté aux joies du baiser, de la couette pour deux, on s’est endormis ?). J’en ai marre de moi. J’ai envie que tu viennes.
Lola est à l’étranger. Elle sait pas que je suis resté. J’avais dit vouloir partir, ailleurs ; faire un point sur cette ligne qui finira, où s’est posé mon âge. Avancer comme une goutte d’eau sur une vitre : au gré des rencontres me mêler. A l’eau. Tomber.
J’ai pas menti : je suis resté sans raison.
Vendredi 25 juillet 2002
- Peut-être j’achèterai la Bible, bientôt ; et je la lirai ! - Alors avant de la lire, faites une prière : pour demander à Dieu qu’il vous aide à comprendre !
Derrière nous, une vieille passe, regarde les témoins de Jéhovah en bas des deux marches. Ils sont courtois : l’un est plus jeune, moins débonnaire et mieux habillé (il avance des arguments scientifiques) ; la deuxième, mère, cite des passages quand la conversation le permet. Le troisième termine en disant que le chat, reniflant la ville, est beau.
Au revoir ! Monté au premier étage, je joue de la musique. Pas longtemps : du quart d’heure de conversation passé, outre quelques éléments épars, reste ce conseil : « Alors avant de la lire, faites une prière : pour demander à Dieu qu’il vous aide à comprendre ! ».
Devant les chrétiens, j’avais remarqué combien les réponses aux questions existentielles, sempiternelles, sont multiples. « Croire à quelques-unes des ripostes que l’on donna, sans cesse, à Que faisons-nous en vie ?, Qui a créé l’univers ?, Qu’est-ce qui est bon ?, Pourquoi mourir ?, etc., croire avoir réglé ces interrogations rend gai ? », j’ai demandé. « Oui », a répondu la dame.
Des hommes, incapables de croire, virent qu’en le suicide une aide pour vivre, encore (j’ai peur de souffrir. Après j’ai allumé la groovebox).
Qu’est-ce qui donne envie de pleurer ? Les larmes ne viennent pas ; elles ont dû s’évaporer (ce n’est pas qu’elle me manque, ni qu’elle est loin. Ou est-ce qu’elle est loin et vit (a-t-elle la même difficulté, là-bas, à se lever comme si j’étais mort (continuer de respirer l’un sans l’autre, après une longue union et l’illusion, presque, qu’elle est vitale, trouble) ?) ?).
Quelque chose s’installe ; elle n’écarte pas la place du bonheur : montre un creux.
Pas se battre.
Avant-hier Lola pleurait. Au téléphone : sa sœur est morte.
Samedi 2 août 2002
Souvenir de conversation sous une couette : - Y a une violence qui plane, comme ça. - Oui, moi j'crois qu'y a trop de monde sur Terre... En fait, y a des écologistes qui disent que si on tuait les deux tiers des humains ce serait plus sain... C'est tellement évident qu'ils ont pas tort : quand on sort du métro bondé, ou dans un centre commercial ! - Mouais. - Alors qu'on s’imagine unique, mais c'est normal : tout le monde se sent unique, sauf qu'on est des milliards ! C'est fou, ça : y a des milliards d'uniques qui naissent, tout le temps... - Ben oui mais c'est rigolo, ils sont mignons les p'tits qui naissent ! - Boh ! ... Mademoiselle voudrait son p'tit bout d'elle ! - Ben oui ! - Mais si chacun veut son p'tit on s'en sort plus : on bonde la Terre – faudrait qu'on commence par s'abstenir nous, oui ? - Oui... mais tant pis ! - Faut qu'on soit heureux dans notre maison, au chaud ? - Ben oui !
Ta mère va être enterrée.
Quoi ?
Je vais chercher un plat chez l’asiatique.
Emploi du temps : levé à midi, couché à quatre ; petit-déjeuner à une, observation des plantes. Tâches dispensables, dans une fièvre allant jusqu’à l’épuisement, la nuit avancée, pour dormir. Le monde tourne. Tournera pour toi.
Cette conversation à deux c’était moi, ça n’est plus moi : Lola parlait de désir et je répondais des idées ; elle voulait un enfant et je voyais mille et mille couples, dans leurs lits.
La vie nouvelle est finie ; j’achète plus du lait pour être sain. M’attarde pas aux aliments.
Le printemps a coulé. Tout s’est pris dans la mélancolie ; solitude.
(Dans le joueb, les fragments se griffonnaient au gré des humeurs... l’écriture s’est déliée. Je retouche un peu, peux pas m’empêcher. Pour toi. Te donner. Je reprends, colle, fais un texte continu. Sais pas quoi dire d’autre : avant-hier, j’ai allumé l’ordinateur. Pour plus tard, parce qu’on va vivre ensemble.)
Le quotidien s’effiloche. Qui sait si j’ai changé ? Mêler des instants finis à des nouveaux, épars, pas chercher à construire une existence m’angoisse pas. Me rassure pas, non plus.
Je pense à mon père. Reste des heures sur le canapé bordeaux.
Ona. Onanisme !
Mardi 5 août 2002
Des pulsions annihilent les sentiments - tel l’amour - ou les valeurs de longue durée - telle la compassion. Elles tourmentent les ascètes et le masochiste peut en user : pour son plaisir mettre une robe de bure.
Ces pulsions ne tuent l’amour ou la compassion : après le sexe avec une pute, ils reviennent forts. Est-on animal quand on mange, ou l’on embrasse ? Nous sommes entre le contrôle et la perte de contrôle. Nous sommes de vieux amants dont l’un s’endort à côté d’un désir de caresses. Qui est chien ? Où l’humain ? T’es bâtard : peux-tu devenir robot ? Quel robot est dame ? C’est un glissement entre l’ordre et le désordre, gardant l’ordre éphémère. Il nous laisse en vie. Nous tue, statues d’Apollon un jour allant croiser des buveurs, éméchés, allant briser leurs bouteilles sur nos annulaires de pierre - les amputer : faire des mains à quatre doigts : pattes de martien !
J’ai voulu acheter un magazine : le soleil brillait sur la maison d’en face. Sous les nuages bleus ma nuque a senti la bruine ; le magazine était en retard. Au retour les nuages gris, lumineux, hésitaient entre sourire et craquer. Je me suis assis dans le canapé (taché de dentifrice), me suis rappelé les saisons marquées de l’enfance : l’été des grandes vacances, l’hiver/Noël... Depuis les saisons paraissent diluées (avant, d’autres ont prétendu mourir) – tout me plaît.
Mercredi 6 août 2002
Un rêve : débarquer dans une ville – Pékin. M'y perdre aussitôt, démuni parce qu'on parle une langue lointaine... sans connaître de chemin. Y rencontrer par hasard des gens oubliés ; se rassurer. Flairer, regarder en tranchant la foule. Penser à des personnes laissées chez soi : des amours, pas des connaissances.
S'éveiller avec ce bout de rêve, soudain disparu. Ignorer pourquoi la réalité est la vie du jour ; se demander si les rêves se poursuivent de nuit en nuit, comme la vie de jour en jour.
C’aurait pu pas être écrit : mes bouts de joueb s’accolent, avant l’aéroport (je viendrai vous chercher dans trois jours ; vous sourirez (y a un besoin de s’exprimer. Le droit d’être confus)).
J’ignore pourquoi après avoir voulu rien faire, j’ai créé une url où tu liras quand ? ? Pourquoi ? Ca.
J’y gnore.
Encore une feuille volante : un projet écarté coincé dans une revue ; j’y tenais (la couverture montre un jeune cinéaste et son chien). Pub pour recyclage, trop compliquée :
« 1 : Une camionnette sur un trottoir. Des caisses sous des sacs sous des objets divers. Des gens s’affairent (ils ne voient le jour passer. S’asseyant à des kilomètres, harassés, ils soufflent).
2 : Lendemain. Un arrosoir en fer blanc, pas déménagé. La pluie l’emplit pic poc poc poc pic dans un coin de la cour (autour rien, des secondes : une minute au moins avec le son du silence. L’abandon : les murs, le sentier mal entretenu, la vitre sans rideaux, pas lavée, les mouvements invisibles derrière elle et sans sens près de l’arrosoir, de la table et de la chaise de jardin. La camionnette partie).
3 : Les silhouettes des déménageurs ont pas laissé de trace. Les caisses. Les sacs. Les amoncellements de la veille évanouis, il semble qu’il y eut jamais d’habitant (plan fixe).
4 : Changement : vient un nouveau locataire ; il passe (éclair après l’immobilité), repasse. Va et vient : installation de meubles.
5 : Des gens poussent la porte donnant sur la cour. Ou bien (après la sonnette) le nouvel occupant vient ouvrir : il passe par le sentier, repasse près de la table et de la chaise, croise l’arrosoir, le prend.
6 : Des plantes sont placées sur l’appui de la fenêtre ; l’arrosoir arrose (des géranium, du persil, de la ciboulette, des marguerites, des pétunia). Impossible d’avoir vu l’appartement bouger, en un an : d’englober les mois passés tout en s’étonnant des changements (comme du visage d’un ami retrouvé).
7 : L’hiver allant froidir l’automne, un remue-ménage se fait derrière la fenêtre ; la poussière doit être enlevée ; l’arrosoir est mis au pied de la porte. Grand nettoyage. Des heures passent. Des objets encombrent le sol, après sont rangés. Le soir sur le trottoir, l’arrosoir rouillé, près de la poubelle.
8 : Printemps. De nouvelles plantes survivent dans les jardinières : un arrosoir neuf les remue.
L’appartement est là.
Un troisième locataire à la fenêtre.
Où est l’ancien ? Où est la rouille ? Où étaient-ils avant ?
(Le fer était une petite auto, dans un salon écrasée sous un fauteuil – ou c’était une lanterne vénitienne, dans le studio d’une fille ? Avant que tel objet soit fabriqué, il y eut d’autres objets ; et à l’endroit d’un salon il y eut une cuisinière. Peut-être. Et sous ces présences, devenant absences, subsiste un plancher, ou la disposition de murs.
Un jour, les murs tombent. C’est la vie d’un lieu.)
9 : Voix off : « On a recyclé l’arrosoir : dans un four mis, dans un moule coulé, en bobine aplati, en rubans découpé, il a disparu. Qui sait s’il est dans tel aérosol, tel caddie, tel avion, tel satellite pourquoi pas ? S’il est dans un avion, un satellite, il vole. »
La musique sort de la radio. Encore deux jours.
Hier, j’ai aperçu mon frère derrière la vitre ; je me suis caché.
Ma vue baisse ; j’attends votre arrivée.
(Volée dans le parc d’une abbaye, près d’un bassin vidé) une rose blanche meurt dans un verre, à droite de la télévision.
Je chante pas.
Mardi 12 août 2002 De beaux quartiers côtoient des rues où la pollution ferme les visages. Des vitrines s’offrent gratuites au regard. L’une ressemble à un musée : sur des chevalets sont posés des livres de peinture. Tout autour un cadre doré paraît destiner la librairie à l’élégance, plutôt qu’au commerce : dans le coin droit un ouvrage de photographies est installé, « Espèces menacées » (des espèces qui viennent d’Afrique, dont le libraire se soucie peu puisque, le titre parti, un autre le remplacera (toutefois, la vitrine a la figure plus gaie que les égoïsmes roulant, tout près des publicités, vulgaires)).
Et si jusqu’à mourir, je poursuivais ce début ? Bordel. Tu aurais, à l’âge de t’y intéresser, un imposant nombre de paragraphes ; je les ordonnerais, les mettrais sur internet. Ils seraient disponibles (dans deux cents ans y aura plein de vies en ligne ; peut-être la tienne (si... je me suis dit : si tu colles tes fragments à ce texte, si je meurs... et caetera !).
Mercredi 13 août 2002 La commune rénove des passages devenus gris, entravant la fluidité du trafic. Une voiture devant un conteneur est décapotée. A son approche
pan !
Du siège arrière sort un bras de femme. Plié, je l’ai pris pour un moignon. Sursauter à la vue d'un coude pan ! choc, fhhhh... Cet instinct décide, avec une raison cachée. J’ai continué.
La nuit tombe. Croire que le jour reviendra plus.
Transition rapide vers l’obscurité. Les teintes orangées s’étouffent, autour des éclairages publics.
Ailleurs il fait jour et je suis petit, sur une planète noyée – retrouver cette émotion d’enfant : le vertige d’être apparu.
Vendredi 15 août 2002
Mes yeux font mal. La ville va (sans moi : je la vois nette de pas trop loin, et tout entre dehors et ma tête, est flou).
Lundi 18 août 2002
Allongé sur un lit, regarder à travers deux pans de fenêtre, une lucarne. Sur la glace de la lucarne, le ciel et les nuages reflétés, découpés, se déplacent.
Bonheur ! A la terrasse du café, près de l’église que tu entendras sonner, j’ai bu un kir ! Y avait du monde... un habitué m’a pris pour confident (j’suis ivre héohé boup !). Demain je t’attends ; j’attends les bisous d’mon amour et plus et plus ! Plus ! Plus - j’ajoute un bout hop !
Mercredi 20 août 2002 Un embrouillamini de pétunia, de rosiers nains, de myosotis, de cosmos, de coquelicots, de jasmin, de lierre, de capucines (grimpant et pendant le long du mur), dans une jardinière jaune s'est étoffé des mois. Un homme crie devant, avec des saouls. Alors j'ouvre la lucarne, demande de pas crier. Les bruits et chants de la rue entrent. Un saoul m’insulte. Tire la jardinière. Tend la chaîne la retenant au mur. Rigole, dit de fermer les tentures. D'aller me coucher. Puis on pisse sur la maison.
Eh ! L’éch
2
Mercredi 26 juin 2002
« The future's not so bleak/ in this waste land » (Pet Shop Boys, Always).
Je suis tombée dessus ; cette phrase. Elle est belle ; j’y connais pas grand chose mais elle est belle. Pour toi aussi : elle peut toucher. Elle est faite pour ça. Ouverte. Claque doucement ; elle veut qu’on la voie non, qu’on la remarque, quand on a les yeux clos, fermés, qu’on veut pas trop s’éveiller. Ouverte, elle était comme ça, sur le web. Il l’avait écrite pour que d’autres la lisent. Il voulait.
Un jour je suis née. Personne s’en souvient. Les infirmières en ont trop tiré pour se souvenir, et ma mère est une tombe. C’est loin ce jour, de son cimetière, son enterrement. Où j’ai dû être, que j’ai oublié.
Lola m’a élevée ; elle est revenue avec moi ; m’a expliqué. Je l’aime (tant pis si certains entendent bêler quand on dit ême, je décide cette douceur... ai l’impression de plus être (bizarre d’être éveillée). La cuisine a pas été nettoyée, ni la vaisselle rangée (j’me souviens de l’url, Lola m’avait donné l’adresse. C’était la première partie, ici c’est la suite. Léo est proche un rien : il faisait pas la vaisselle ; allait la faire, pourtant retardait, savait qu’ça pouvait attendre)). J’me souviens et j’écris avec maintenant, ce que ces choses font.
Entre ici et hier, hole. Une durée, cet instant. Voilà pop ! : Léo écrivait quand il était seul, en 2002. Il est mort avant qu’on arrive, avec Lola (j’imagine l’aéroport vide, je sais pas comment elle l’a appris. J’ême Lola. (J’ême êmer ; je sais pas ce que j’ême : je veux dire êmer.)).
Au début j’ai fait un joueb aussi, comme ils faisaient (pour rire du démodé, un peu profondément – la légèreté vaut la peine, je m’disais ; ce sera la troisième partie). J’ai arrêté le joueb. Il s’est passé des trucs. J’suis à l’hôpital.
C’est un trou. Aujourd’hui m’y mettre, en finir, pour aller ailleurs. Finir cette période comme on coupe ses cheveux : comme une star change de look, comme on dit « à l’époque, y avait des ch’mises à pois jaunes ! ».
Sur l’url, les mots caché d’Léo – petshopboyish ! :
Jeudi 27 juin 2002 Hier soir, un concert. A l'entrée les tee-shirts coûtaient cher. A la sortie, nombreux furent ceux qui les regardèrent, et les achetèrent pas. Vingt heures trente. Noir. Quatre musiciens entrent ; avant l'arrivée d'un claviériste et d’un chanteur, ils ont joué.
Les lumières mirent en valeur des compositions d’abord mid-tempo, issues d'albums blanc et gris, ensuite lâchant leurs boum boum. Ensuite retombant. Enfin catchy. J'ai vu sourire le claviériste, aux temps de repos. Aussi le jeu théâtral du chanteur, quand il mimait une douleur passée : par exemple, après « I never dreamt that I would get to be/ the creature that I always meant to be/ but I thought in spite of dreams/ you'd be sitting somewhere here with me », la main ne tenant pas le micro tomba sur un siège, vide : jeu de comédien minimaliste ainsi que l'éclairage, quelquefois montrant le dos de la salle, exposa un mur de briques.
Sur « Love is a catastrophy », les lucioles à l'arrière-plan s’éteignent. « Left to my own devices » : couleurs (flashs) ! Etc.
Les Pet Shop Boys ne sont pas morts : ils meurent : avec l'accent léger lançant « vous êtes fabulous », ils profitèrent de la fuite du succès pour paraître moins loin. Avaient-ils le choix ? Ce furent des plaintes élevées dans l'air, essayant le bonheur.
(Léo avait mis ça de côté ; pas sur la lettre : je l’ai repris d’internet, il aurait voulu retoucher ses phrases ; je les transcris telles quelles. Il les aurait polies, avec la ponctuation, les mots qui se répètent pas. Moi je m’en fous ; y a ça. De toute façon c’est déjà ailleurs : quand Lola a donné l’adresse y avait la lettre pour moi et en bas, un lien vers une autre page, monomaniaque, sur un groupe jamais entendu. J’ai écouté leurs disques.
J’écoute leurs disques.
Je sais même pas si c’est vieillot. En tout cas le concert comme Léo le décrit, on dirait une soirée avec deux muets ; enfin : un film où un chanterait près de l’autre, avec des visages grimés, absurdes oui, et dignes. Pas rigolo. Ca sent la fin, sourit de la fin ; avec le côté guindé qu’j’ai remarqué (sa lettre m’a pas touchée, coincée (« Le premier jour je me suis éveillé... ) – enfin me touche, là).
: D’abord la page sur ces Pet Shop Boys m’a intriguée, j’en ai eu besoin, je peux pas vivre seule, non, non, jamais, je m’en sortirais pas, c’est difficile même bien entourée – midinette, moi Léa ! Et Léo ! : on le sent pas beaucoup dans son truc mal foutu, qu’il aurait changé s’il y avait eu une suite à « L’éch » ; eh ! Léo midinette j’l’êmeuh ! : « left to my own devices », « but I thought/ in spite of dreams/ you’d be sitting somewhere here with me », « love is a catastrophy », j’le lis vite !, ça m’prend. Un hasard. Présent. Avant.
... J’en avais marre ; j’ai trouvé un fil. Tiré. Je l’ai fait pour moi. Le donnerai à personne. Le donnerai à moi et puis ça suffit pour que quelqu’un tombe dessus. Et le lise et le jette si ça l’intéresse pas, ici ça suffit, au moment de le dire : si ce sera temps quelqu’un lira et ce sera un fil, encore, qui l’émouvra.)
Le vieux à côté tousse ; s’étouffe. Les bruits de tuyaux sursautent (plein de tuyaux dans son nez, dans sa gorge). Son lit comme le mien. Il sourit peut me voir, au-dessus de sa tête – bouge plus.
Sa femme dit il est content d’être avec une jeune. Fille.
Vendredi 28 juin 2002 Le cédé est une fleur. Nuit. Des éditions limitées ont paru - qui donnèrent à leurs acheteurs le sentiment de posséder une rareté : un boîtier blanc emballé dans un carton luisant, avec en haut-relief une rose, une pâquerette, un coquelicot ou une orchidée : sur les présentoirs des disquaires, « Release » se remarque encore : son design est pensé, froid, fragile. Osé, appliqué, il dit que le rose est viril : « pink is punk » ou « revolution can be fun » : une tendresse métallisée.
Rien m’intéresse qu’avoir un enfant. Rien. C’est beaucoup.
Plein.
J’suis pas malheureuse. Je suis heureuse.
Hiver ; voilà trois mois qu’elle est crevée ; c’est, c’est, que, c’est, voilà trois mois qu’elle est crevée voilà, je l’écris comme ça, comme, y a. J’suis excitée. Veux danser avec l’album orange oh ! le son fort secousses au plancher ! Ouuuuuuuuuuuuh ! J’glisse, veux, veux !, glisser dans un rêve, cruel, avec « another night with open eyes » et l’tralala, « you drift into the strangest dreams »... resauter reglisser « because you dance the disco and you don’t like rock ! » ; & « that’s childish, so childish ! », et et iiiiih ! reprendre mon souffle : aller sur le lit, écouter la suite, sourire. Sourire. Sourire. Sourire. Sourire. Sourire. Sourire. Sourire. Sourire. Sourire. Sourire ! Sourire ! « If people say I’m crazy, then tell them that it’s true... » ; oui, j’ai envie. Avoir un p’ti-oh !
Pas penser à demain. Veux veux. Un bambin-oh ! J’suis égoïste. Existe pas.
« It’s liberation ! », encore aimer, désir, et j’anticipe les accords : « talaalalaalaaaa » « back home at midnight, all the way back home at midnight… ». Iih ! Encore ! Encore ! O-o-i oui, oui, oui oui encore encore, oii ioi ! Uuiuiiu ! Shhhhhhh (je r’mue pas sous le drap rêche).
Samedi 29 juin 2002
Une chanson = une phrase (« it's not as easy as it was, or as difficult as it could be, for the samuraï in autumn ») + quelques arpèges électroniques et une mélodie minimale : une oeuvre d'art moderne qu’un enfant aurait pu créer.
Sans même apprendre les règles du haïku.
Malgré les boum boum tchak, « The samuraï in autumn » a une délicatesse bâclée : la première écoute déçoit ; après est moins claire, paradoxe. Une image : un danseur cherche le pas parfait, trébuche une fois, tente de reprendre une chorégraphie, trébuche encore, alors vagabonde : mêlée de contretemps, sa gestuelle finit au bord d'une falaise ; il disparaît.
Après m’être relue, je veux ralentir. Aller lentement.
Deux jours ont passé.
J’écoute plus l’album orange. Veux être enceinte. Tout jour.
Les albums, Lola les avait dans une caisse ; j’lui avais demandé (de l’intérieur la poussière a peu volé ; le blanc avait jauni. J’ai tout sorti ; étalé. Je voulais m’y perdre. J’ai ri ! par exemple des collages pas parfaits, à l’intérieur de « Very » ! (Y a des mois. Pas à l’hôpital)).
(Dans dix jours j’suis dehors, alors finir cette histoire avec Léo fera filer les heures, et l’étranger arrivera. Neuf. Je verrai s’il y a de nouveaux albums, si j’en avais jamais entendu parler parce qu’y a tellement de musiques qu’elles se noient. Ou parce qu’ils sont plus. Les garçons du magasin d’animaux.
Je verrai s’ils sont vieux.
Ou morts.)
Les toilettes sentent le médicament digéré.
Mercredi 3 juillet 2002
Que des chansons d'amour, pop ! Encore... adulte, c’est un peu vieux pour être jeune ?
Ces chansons d'amour (deux se scrutant car ils se ressemblent (ils se serrent, mais ne peuvent être l'autre)) sont d'adultes charriant leurs adolescences. J’ai aimé : à dix ans il était beau, écoutait un groupe jeune ; la musique qu'il me prêta donnait envie de son lit. (Le groupe a perdu ses cheveux ; j'ai appris l'anglais et l’absence dans les chansons d’amour : un cœur noir tracé, gardant au dedans le vide du papier blanc, grandi).
Pourquoi pas dire je ? Quelle honte ? J’ai demandé à Lola qui était l’amoureux de Léo enfant (elle a une autre vie ; était avec son ami, élégant en ch’mise verte ! (Je venais prendre le thé. Ai demandé dans la cuisine ; elle a souri, m’a regardée. S’est tue.)).
On va éteindre ; la caméra sur moi, j’me déshabille (devant le mur peu importe : on est trop nombreux pour être uniques, nus ! (Ecrire par contre, faut : j’ai besoin d’vider ma tête, qu’elle aille ailleurs : pour la santé !)). J’ai besoin de dormir, chaque jour...
A demain.
Encore.
Encore.
Mercredi 10 juillet 2002 Des garçons de magasin d’animaux se soutiennent depuis des décennies ; peu importe leur identité réelle. Ils sont frères. L'un accepte la lumière donnant l'ombre à l'autre (à leurs costumes souvent too much, toujours le plus jeune ajouta des lunettes noires). De quelle menace se protègent-ils, rassurés unis, en public ?
La menace est compliquée, c'est pourquoi en rire est heureux : mettons des bottes fluorescentes, des coiffures de vampire hi-tech ! ... La menace peut être la fragilité de s'ouvrir aux autres, donc aux trahisons, aux amants donc aux abandons, aux désirs donc à l’insatisfaction. La fragilité d'être dans le temps, et de pas le suivre, quand on se sent encore hier ou qu'on voudrait demain. La douleur de n’être fermé, encore, de vouloir croire au bonheur, voir la déception possible : suivre des déraisons. Danser, avec plaisir.
Exposer une tendresse au vieillir... différence qui tue, tue ceux s'offrant des secondes, vite, vite old-fashioned. Dépassés.
Tout l’italique est Léo - avec la première partie (j’étais mini) : j’ai imprimé sa lettre ; puis les Pet Shop Boys de Léo j’les ajoute avec moi, avant mon joueb, y a des jours. Des jours. J’étais jeune. Fille... (Evidemment c’est bizarre devant des mots de mort, près de cédés comme on en fait plus, bizarre comme des photos de toi enfant.)
(Je revois la tendresse dans un album 1989, aux lignes multicolores : « Introspective » - un chien dans les bras d’un trentenaire permanenté, un chien dans les bras d’un trentenaire casquetté (deux photos d’été, avec des yeux timides).) Bordel.
Je peux être patiente, relis. Léo. Vois la semaine passer vite. Comprends pas ; ni pourquoi m’ajouter... tel charabia... à montour ; enfin si : « Je vaquais, vulnérable, et qu’en restera-t-il ? Des souvenirs et des lignes », je comprends (un peu).
Vendredi 12 juillet 2002 Des souris dans le métro londonien illustrent une chanson sur le largage d'amarres, et le sentiment des restés. Les souris courent ! Trop vite pour le cameraman : le cadre tangue (de toute façon y a peu à observer : un rongeur et une pita, un concert sans public (les animaux cherchent une maison ; le cocooning s’allie à la curiosité menant les vaches, les hommes, aux prés d'à côté)).
J’ai perdu des kilos J’parle de moi. Ai pas peur, m’en fous rien existe si je meurs.
La tension a bougé, haut ou bas, j’suis plus. La guerre n’est plus une obsession. J’me sens chauve. Habillée. Ai pas fait l’amour depuis... envie ! Pas envie d’me toucher. Envie d’me toucher, si !, juste pas envie d’être seule.
J’suis rien. : « Only the wind », comme le titre dans l’album aux petits carrés où sans les chiens dans leurs bras, deux ans après ils sont rasés, durs, à côté d’une chaise vide et de roses : « c’est juste le vent, il soulève des papiers ; rien qu’un p’tit vent, et des arbres tomber. There’s nobody crying ; that was yesterday ; inside we’re all smiling : everything’s okay. (...) Quand c’est plus calme, plus de doute, plus de drame : a storm... blows itself – out ! ».
Bientôt manger.
Mardi 16 juillet 2002 Sur le cédé à fleur, « I get along » manque d’invention. Un photographe y associa des images rappelant un cinéaste, plusieurs fois, ayant filmé la chute de l'aristocratie et, une fois, une mort à Venise.
« Only a moment ; a moment of strength, of romance, of glamour - of youth ... a flick of sunshine upon a strange shore the time to remember, the time for a sigh, and - goodbye ! » Des cerisiers roses, des jeunes gens, un décor en carton (s’écroule sans faire de bruit), des pleurs jolies à regarder. C’est superbe ; c’est facile à railler : sans danger, protégeant sa chance, ça fait semblant de rien savoir. Or dans la joie, avec des couleurs sortant de polaroïds, ça montre son éphémèreté. Ephémèreté. L’écrit avec les doigts d'un voyageur écartant la beauté claire.
Avec l'immoralité d'yeux bandés, tandis qu'ailleurs on en crève, et qu'on sait en crever. Comme en été pressentir l'automne... aussitôt sous les rayons blancs, mettre des feuilles rouge brun. Faire une pop song classique, immortelle, alors que peu l'oublieront pas. Montrer, sa peau trouée, séchée, lignée, des corps frais.
Pareillement se souvenir, soixantenaire, avoir été une statue vivante. Au milieu du parc familial : une statue grimée pour tromper les touristes assis dans une barque, sur la rivière voisine. Les avoir étonné en plongeant, avoir mouillé leurs costumes, se souvenir.
Jamais c’est bien bien ; jamais on se dit « je m’assois, plus rien bouge ! Hop !, clic ! Le bonheur est figéolé ! Pour toujours ! ».
Par la fenêtre de l’hôpital il n’y a rien, que des travaux ; on n’est pas chez soi ; Léo a parlé des Pet Shop Boys ; je m’intercale.
Léa m’a offert tous les albums, plus des concerts filmés. Cette caisse en carton, sur le dessus ses quatre pans pendent, droits ; les lampes y posent du cuivre. Je tends le bras. Vais à la pêche. Ma main disparaît. Pèch ! « Se a vida è » ! (Un maxi d’avant l’an 2000.) Une pochette tachée de fausses gouttes d’eau. Des bouées ! Un gros ! Plein de gens jouant ! La chaleur ! Bonheur... Sous-titrée « that’s the way life is », la chanson met de bonne humeur (aujourd’hui à l’éveil elle m’a donné envie d’appeler mon amant (je pensais plus aux mois passés. Ici oui : des couch’ reviennent)) !
Rien fait exprès ; me laisse aller. Laissais. C’est dev’nu veau dou.
Des gens passent, traînent des machines avec leur corps, sous des blouses.
Lentement marcher : le couloir a la longueur d’un voyage.
Jeudi 18 juillet 2002 Une photographie noire et blanche ; un contraste exagéré, un carré pour cadre.
Monsieur Neil, assis, joue de la guitare sèche ; monsieur Chris derrière monsieur Neil, sur une haute caisse de rangement parle (ce pourrait être trente ans avant dans une cuisine étriquée, ou près d'un feu allumé par des citadins, sur un terrain vague).
La mode recherche la simplicité, face au compliqué : par exemple, des photographes fixent les métropoles, leurs publicités, leurs couleurs, leurs constructions et leurs hauteurs. Avec un souci d'évidence, sans critique du peu planifié, rapidement développé. : Dans le cadre carré du matériel musical accumulé, sans préméditation, deux adultes aux sourires de lycéens, aux vêtements rarement portés à leurs âges. Tout de travers, comme sur la mer (si c’étaient des remous de rivière la leçon, puérile, serait « allons-y, même si nous savons pas où ; rions comme sur une attraction, malgré que : nous savons pas où nous allons »).
(Quand il va boire un kir Léo s’allège ; son côté curé fait un clin d’œil. Hïeii !
Bordel.)
2023.
Y a beaucoup de gens. Dehors. Dedans. Près du lit y a des oranges, la couleur vive hop ! sur les draps lavés et relavés, simple, est gaie. Vif!ifie ! Près du lit y a plein d’images très bien faites oh, et des livres et une peluche : le lapin élimé d’mes premiers pas ! J’le balancerai pan, à la décharge. Balancerai les disques. Et l’ordinateur ! craqueté ! - trop pour savoir touquoi y est : pour tout écouter, voir, sentir, toucher (à sentir et toucher y a un peu moins (chaque jour je sens le parfum du coqulicot (la fleur qui sent rien), qu’on a inventé. Et j’aimerais toucher et sentir, plus, plus, plus, +strip ! les ordinateurs !))...
Quand je serai vieille y aura une table, je mangerai, mon corps me fera souffrir, quoiqu’on fasse je l’sentirai. Je serai légère sans boire ; ma taille rapetissera. On pourra m’serrer d’un rien. Je serai seule. Ou pas. Serrerai mon ami d’enfance, ou pas. Là j’vais l’appeler : j’ai besoin ; ça fait longtemps.
(Avant c’était tôt. Ici je vois le creux, le passé ; y manque. Les mois font strat!e. J’m’étais pas enterrée ; j’émerge pas.
Je change.
Serai seule Ou avec lui.
Avec un autre ?
Avec lui, un moment ou toujours.
Un moment si un jour, ça alourdit. Je pense à elle. (Je pense à toi strat!, ta fente.))
Lundi 22 juillet 2002 Parfois on est plusieurs ; non : toujours on est plusieurs. Mettre des lunettes et un couvre-chef, c'est pas vouloir être à la télévision le même que dans sa cuisine : accepter d'être un amuseur public et une personne cherchant le sommeil, au soir. Deux. Etrange : en 2002 pour « Release », les garçons du magasin d'animaux ont abandonné leurs attributs : il n'y a plus de chapeau pointu, plus de vêtements brillants. Il n'y a plus de perruques ni de faux sourcils. C'eût été différent s'ils avaient toujours été normaux (tandis que longtemps déguisés, soufflés par le vent, dans une prairie, devant un mur de campagne, ils apparaissent inédits. De face, de côté, presqu’au levé du lit... pour réunir l'amuseur et celui, le matin, se brossant les dents ?). (Que voit-on ? Une évidence parfois négligée, par inattention : ces autrefois travestis demeurent plusieurs, déshabillés : « toujours on est plusieurs » : dans l'écran d’un proche, à notre toilette, nous sommes en même temps ; et au-delà nous sommes des visages se protégeant sous une capuche, un bonnet ; ensuite nous rions sur une plage, ensuite nous respirons dans une prairie, près d'un mouton... ) Toujours on est plusieurs. Déguisé ou non. L’unité de ces plusieurs, ainsi que sur les photos promouvant « Release » (Neil à la capuche, Chris au bonnet, sur une plage, dans une prairie, près d’un mouton), l’unité est dans le temps et le corps : le premier réunit les diverses humeurs d'un jour, le second divers états, positions, sensations. Entre sont les souvenirs, dans le crâne, et la vieillesse. On a été différents mais on retient pas ce qu’on a été, car la peau change puis meurt, et avec lui le temps. Qui sent l’unité ? Qui sent ?
Ainsi des Pet Shop Boys : leur période « Release » mourra avant qu’on les enterre : elle sera une feuille, s’ils vivent dans trente ans – dans leur chair archive, mille-feuilles.
C’est farfouillu. C’est ainsi.
Je voudrais un marchand de gaufres... Je courrai, crierai « une chaude, m’sieur ! » ; me retournerai vers les grues. Les regarderai d’en bas (du haut du septième étage elles agrandissent l’hôpital, depuis un mois le spectacle est lent... la nouvelle aile est une fosse ; les ouvriers remuent en miniature ; fait froid. Je veille. Raconte au vieil homme).
Mardi 23 juillet 2002
Sur la pochette d’« I get along », des graphiques circulaires sont annotés. Par exemple : les plats à emporter peuvent-ils être nos meilleurs amis ? Oui.
C'est une légèreté dans les mots et les habitudes : traîner sur le net, s'y faire des relations fausses, passer l’après-midi au parc, être sans amour, le chercher, installer l'absence au sein d'un environnement, bizarre : empli d’objets et de personnes, de vide, de vide. Au milieu du comblé.
Ce sentiment d'être unique, tant est délicat être à plusieurs, sentiment d'avoir rien à faire, tant sont nombreux les agités, sentiment d'ataraxie, point bouddhique, point, point, ce sentiment de peu sentir... où est-il ? Sur des camemberts flashy, dans des grands magasins de disques.
Un voyage vers le sublime, au-dessus de la terre ? Non : un essai de vie sans dieu : au-dessus que le ciel, la lune, l’univers ; pas de fusion. Pas de refus : être humain à peu près bête, terrien, épars de corps comme d'esprit, insatisfait. En sourire puisque c'est grave.
Léo est embrouillé, aussi ! quand il sait pas trop quoi dire il se répète, mitrouille ses phrases. = c’estfarfouillu (On a pas le même style, un peu : sa tendresse est maîtrisée, humide sous le sec, pas épanchée comme moi) j’suis une fille, il est un garçon - et il paraît plus fragile ola ! et j’me parais fragile, depuis lui (on s’est touchés, je l’ai touché, j’ai fait un pas, ai approché ma main ; rien à foutre si c’est cul-cul ; il est pas mon père, il est rien. C’est un squelette et moi quoi, une adulte ? ; on est sexués avec un drôle de lien. Entre. Trouou).)
Je passe des vacances à l’hôpital (à Barcelone je m’perdais, me perds, je me perds).
Le vieux qu’on rase va crever, il tousse fort ; sa femme l’embrasse. ses petits-enfants sont passés aveC leur maman : la fillette surtout regardait d’un drôle d’air, impressionnée. Pas contente. Elle a rie. .n dit, pas bougé.
LEs journées sont longues ; on voit le jour monter, la routine reprendre. Après le noir longtemps regardé puisqu’à huit heures les lumières s’éteignent.
Mercredi 24 juillet 2002 Des personnes de même sexe font l’amour ; elles partagent une différence, peuvent la revendiquer dans une caricature : de l'extérieur mêlant immaturité et superficialité, la douleur pas profonde.
Chacun presque est homosexuel, à l'âge de plus se contenter de l’amitié : chaque enfant songe à un compagnon dont il partagerait les jeux, et l'intimité ; d’un proche qui lui ressemblerait, pas de parents – on peut pas les lécher - : zone indistincte, entre identité et altérité, entre fraternité et sexualité, où un être paraît gémellaire. (Cette verdeur, jeunesse, naïveté, a la faiblesse de qui veut, si fort, de la tendresse - de qui veut, pour toujours, un chien, une maison, découvrir en paix (accouplés, partageant beaucoup, platoniquement, dénudant leurs sentiments, se parlant, se consolant, Neil et Chris ont-ils l’âge où, aux chats ne rendant les caresses, on préfère les chiens ?).)
« I want a dog/ a chihuahua/ when I get back/ to my small flat/ I want to hear somebody bark. » (Pet Shop Boys, I want a dog)
eNViE de ressortir envieN d’être pénétrée.
(Léo parle peu de baiser, c’est important : ouh !... les infirmiers, les infirmières avec de bonnes intentions, fatigués, leurs sourires, banderoui !:)
Matin... je pense... les froufrous, voilà où j’ai rejoint l’amour d’ma Lola : j’Ai voulu prendre son texte, le retranscrire et m’y ajouter, + ajouter ses écrits sur une passion pas sérieuse... m’aJouter à « la faiblesse de qui veut, si fort, de la tendresse ». parle+r .d’ses machins : du boîtier jaune (banane !) de l’album « Bilingual » ; de la chanson « To step aside » (avec les chant:s d’enfants japonais (ou ils sont iraniens ?) !) : essayer, m’arrêter, pauser (j’sais pas bien, essaie, j’essaie j’essaiej’essaie). « And if I decide/ to step aside/ I will try to reply to/ the feelings I hide » - envie de jeter la lourdeur, leNs objets, même ça : le jeter sur internet, qui le gardera, puits bordel.
envieenvie. Sentir le parfum de cOquelicot. couper l’ordinateur. (faut qu’j’me douche !)
(L’’au brûlante je suis chaude. Une cloison devant le v’ieux ; moi en slip-chemisette ! (mes che)veux repoussent dans la nuque ; dans un mois s’ront aux épaules. lOla les coup’ra.)
J’a.llu.me l’ordinateur. Mets coqu’licOt. Attends. Eteins l’ordinateur.
(rarerIen faire.)
aller au miroir.
aIvu dedans, ma peau, ma masse. La place occupée dans l’espace ; mon volume... qui écarte l’air et se laisse pénétrer, pas partout. Arètter.
5 mïnute
pre ;ndre du recul pour dire : Léo a laissé une trace. Est déssédé. J’vais. mourir. SaiSis le passage. l’arrosoir recyclé. Les démén ;.agements.)
Reprendre. Calme. AuOcune importance si les traces sosint pas marquées, si presque personne, personne même les verra : c’est pas pour mon noOm, pas pour être éternelle,, pas pOur laisser quelque chose, rien qu’pour : que ce soit quelque part, à trouver.
je laisserai la lettr_e, puis notre mélange, -ci, petshopboyish. petshopboyish : comment il m’a contaminée avec ses fragments d’mélomane paGs grandi. Puis j’ajouterai mon joueb. 1: 2 3. Nous, moi j’sais il est enterré. Elle est enterrée. j’suis. Nous, entre. COmment leurs fils pendent.
(Re:Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! I, ïI… « I want a dog » ? trop .doux !... I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I Iï I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I ! J’ême violl’ance : « I wanna be your dog » : j’veux être ton chien, être près de tOOi, me serrer, que tu dises fais ça !, sexuel oh si. « i wanna be your dog » ; complètement tordu, muté- oh ! oh ! « I want a dog ». ..envieé !)farNfouïollu
Dans la cAisse à droite de la table de nuit, y a « Please ». Et sur « Please », premier album cheap, une ballade. Je l’ai rêvée. J’étais une fille avec rèdes, ddes cheveux dont une frange voilait l’œil droit. ConsciOente, hautaineO. Face au re./noncement des adultes. A l’école. ... Le r.êv:e a passé ; quel bOnOheur m’en sOuveni!r Mais cette fille-là, parfaite, je crois j’ai fini par êttre sa spectatricre : j’suis tombée amuOreuse. d’elle (consciente, hautaine - joie). (Sur « Please » « Later tonight » a cette émotion : face à une personne se sentir sOeur, frère, vouloir aimer, sentir être et être pas soa. Violence. Douce. A. A.)
a.oA. Vendredi 26 juillet 2002
« From pain comes pity » a chanté une radio, quelque part. Je l’ai pas entendu, de même l’on sait que l’on a un jumeau presque, loin. « From pain comes pity » au vingt et unième siècle, c’est religieux ? (Ici être athée n’est plus asocial ; du reste l'athéisme est peu, parce qu'on pense peu être perdu par l'absence de dieu (quelques-uns demeurent fiers, singuliers tels d'anciens révolutionnaires, qui prétendirent avoir tué Jésus. Et aiment rappeler ce sang).)
L'apologie du bordel date.
... « as an indication/ change the dedication/ from revolution/ to revelation »... c’est religieux ? Le chanteur se souvient de la culpabilité charriée par son éducation chrétienne ; il se souvient du mystère des tissus teinte de vin et des vers latins. Peu d'auditeurs sauront : « from pain comes pity » évoque un drôle de jésus ; né à nouveau, après la souffrance, après avoir fui sa ville, dans un décor de gare, de pluie, la compassion vient – chez qui, rencontré ? A Noël.
J’entends. Pas plus.
Diieu !
JésusC-Christ ! Des jambes ! ; une poitrine ! – et ? Moi : dans la glace, la salle de douche a,e, j’ai observé ma pEaU. plus on: fait de jolis néons comme naturels ; les pores sont dilatés san.s lOaideur (Où passent les peaux d’avant ? Ma peau de dix, la p ?eau lavée à huit ans ?)
Pause. IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIuUIIIIIIIiïIIIUIUIIIIÏIIIIIIIIIIIIIIÏIÏÏhhhhhhhhhhhhhh !jésus bof ; les Pet Shop Boys... ih ! humains, des hommes à r’garder... je vois biencequ e voulait dire LéO à propos du dernier album, « Release » métallisé, avec une fleur : inséré avec les autres disques il a un côté moins malin : plus terre à terre ; comme sur les p’hotos dans le v ;ent, sur une plage, contre le froid. le cOrps et le temps
Des couches. Sur moi, seins tendu : les veines dessous l’épiderme, l’onOgle du doigt. la chair. les os quila forment, la peau sur les côtess (elleroUle), les yeux, les orbites dedans des nerfs tout ce qu’on voit pas :lacervellZe, matières diverses, aggloméréesTout tient. Compact.
J’suis nue. il a neigé.
« Discovery », un concert au Brésil : des perruques et des couleurs de vacances à la mer;aumilieuNeildéclameI » »«t’s a sin » mêlé à une ronde répondant « I will survive », puis lui gravit des marches jusqu’en haut d’la scène et enlève perruque et lunette°s ! (ou c’est avant?)La mise en scène utilise des couches. deEs costsumes. Et elles tombent, chakunnliée à une périOde, une facette . Dans la glace évidence : raté d’avance « I will survive » ; mourante, la peau vieillit. « It’s a sin/ I wILl survive », iioiiiiiïiiiiiiiiyyyyyyih pot-pourri : disco + Jésus-Christ (ailleurs sur l’album aux chiens, avec un xylOphOne synthétiOquOe bOOum bOuOm c’eOst « ChOe Guevara and Deboussy to a disco beatO » ! Maïgoddkokkkkkkkkkkkkkèèèèèèèèèèèèèèèè...............................................................................................................................................Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih !) !
Dimanche 11 août 2002
Internet publie des mots et des images, quelquefois animés. Ils n’ont pas la prétention d’être des chef-d’œuvres. Leurs auteurs sont anonymes ; personne les paie (sans doute recherchent-ils l'amour de soi, qui fait étaler nos personnes : ainsi on expose ce que l'on aime).
Sur un ordinateur ouvert aux autres, une animation faite de pixels met à gauche un personnage debout, une guitare en bandoulière, à sa droite un personnage assis. La musique démarre, synthé enfant. Toc. Les musiciens sont sur un nuage. Des cumulus passent. Dans un site consciemment naïf, à l'esthétique simplifiée, mélange d'enfantin et de technologie. Une utopie de douceur, maladresse dans un monde adroit.
Et la tactique d'ignorer la violence, pour survivre, rejoint celle de perdre son temps, pour vivre avec la mort : sérieusement, faire des futilités.
Même en regar2002dant le premier texte, entre vendredi 26 juillet (2o02) et dimanche 11 aoû(t 2002) y aun vIde.LéO fit vraiment riendn’autre que regarder à travers sa fenêtre,des capu ?cines g,randir ? Ce qui m’intrigue:qu’il seO sOit retiré, ferm,épOur s’ouvrir : la fermeture de la porte d’entrée, de la vOix puisqu’il parlait à personne, sa fermeturouverte.. .sans cess ouverte :e « Internet publie des mots et des images », « étaler nos personnes au dehOrs »r, « on exposece qu’on aiMe» «. Et la tactique d’ignOrer la viOlAnce, pour survivre, rejOint celle de perdre Oson temps, pour vivre avec lamOrt :sérieusement,: faire des futilités. » laisser. la Vviolence. Se retIrer. Regar.der Rien faire. Laiser U n etrace. effaçable LaissEr. les secondes. tomOber. .écrire Ungroupe. Po ppï. j’vois bienoù. Est Léo.
enc +ore.
Plus.
« Ppassion and love and sex and money-/ Violence, religion,w injustice and dea th/ Paninaro/ PanInaroO OO, oh, oh, oh/ Girls, boys, art, pleasure/ Girls, bOys, art,pleasure » récite Chris sur une de ses4 chansons (« mensonges»,«jeveuxêtre,1 dans la foule », la petite « I believe in ecstasy/ all my lifeI. for you and me », j’les ai passées c ett aprèmidi– j’ai m bien Chris parce qu’il se cache pOur pas perdre sOn ingénUité. dailleurs dans le livret il dit c.e sont les premiers mots qui lui sont venus :Passion, love, sex, mOOoney, violence, religion inj »ustice, death, girls, boys, art, pleasure - arrivés, il les a gribOuillillés. . g..ribouillis-ma-préférée : « Paninaro o-o-o » ! ; avec les noms de mOde : Gucci ! A-a-armani. Poseusedeepy, j’sais pas (j’aime bien direj’saispa). elle passe en bOucle. Plus mal au ventre.
(quoi ?encore Quonpou rrait pas pas dire ?)
... la vieillesse est à ma droite sur un lit; Dans le cOrri dOr les malades sOnt Nombreu( on maurait jamais mise avec un hOmm, sinOn). La dame tOute faible et blanche passe Encore Encore.
Encore. . e..lle entre d’un pas ; rien qu’pourO –‘ ;.sourire, dire bonjour. C’est avant le soir (comment è-t-elle ?gaie).
encore. encore + +
... Pixels Mourants Paninar.i. D.ehorsmille. diversité Dans les magasins ; qui s’emplissent Les acheteurs diffèr en fOnctiO-o-o-on des devantures ; les objets ; les gOûts ;les corps;les têt’s ; les vêtements;leslangues : on s’cOmprdend avec des vides ; les fOrmules dans chaque. Tribu. Chacune sOn style ; t-O,ut c’trililospécialistooooooooooooo ! : les quartiers, les maga zines, les télés, mUsiques chapeauXX. (les moyens de transport OsontO pareils. (« -entr-e les plates-fOrmes les liens eh booooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuufffffffffffffffffffffccccchhhhhhuyufhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhoooooooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu!))
jj’pourrai rien faire. rentrée chez moi spas sortir (La guerre pourra débuter ; mon quartier A pas été détruiT (lOla vient d’partir ; on a ;chanté une chanson. J’m.’en fous des nouvelles Comme Allah – non, rien).))
(pixels. mourantE FouineuSe Avec des cOmOpagnOns, homm femmes, a,u mil ;ieu ; avec, sans, avec mon cœur ; bat. Qui bat ba ! J’suis A tome. Y a des quartiers. A-tôm. J’veux voir. D’autres. (J’aime bien dire jesaispa. Répé+ter, aussi. EncOre. Pl us. Combler. vider. jeter, emplir, Ouvrir, trOuer. I grec. Y. Y a.))
Mardi 13 août 2002 Les garçons du magasin d'animaux sont pas des stars, c'est pourquoi ils meurent pas : quelqu'un, revenu voir ses parents en Angleterre, a croisé un homme en jean et sweat-shirt proprement repassés. Etonné, il prit de dos la chevelure coupée courte, grise, trouée sur le dessus. Si naguère cette apparition eût pu (tel Elvis jeune) sublimer les apparences, cet été elle ne brillait d'un feu d'étoile : prenant les rayons du soleil, elle imprima la pellicule. Dit, c'est ridicule ; dans la rue ne fut-ce normal, tel Andy Warhol ôtant sa postiche ?
Neil répèt te sur un titre « It’s gonna be allright ». Il tente d’y croire... murm
m u re « I hope it’s gOnna be allright ». A la fin, en bOuc(o-o)le(-o.
c’est-à-dire c’est jamais fini jamaijamais, jamais, etc., On va, avance, de toute façon tu respires ç; voilà. « GeneratiOns will come and (O -)go », avec dessous des voixX féminiXnes, sans fin : « and on and on and On » ;j’entends.
répète,encore++oh! change depuis des mois ; j’vais finir ; certain, cor jourd’hui ; demain j’jette çA, avec les disqus, la caisse l’ordinateur ; qu’il reste le nécessaiSre, mOn sacàla main. Même si ça pourrait c.ontinuer. s?accumuler.
j’attends sortir
respirer
Par,mi
la Foule. Parmi la foule ici, déjà, calme. j’respire Q.uand j’verrai lOla ce sera plus l’au tomn. L’hiver. Glacial. AAAAAAAAAAAA!AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAl!
l’hiver est beau, la lumière blanche, les rayons évidents éc.lairent (seule, combien l’ON dit qu’ONest seule? )
( un homm avant en perruque, dans La rue, c’est aujourdui. P.l.usenplus.
où sont les SUPermen ? Partis les portraits d’piéta d’cinéma !sp Y en a tant, des stars ! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA :;,.AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRiRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRpRRR ! on en suit une, une pas nombreux, parce qu’elle a un mODe de..... vie, .mode. joli ; on est quelque-zin
((Lè monopol crèvent.
vivre et faire dans un appartement petit : petit monde parmi de p’tits mondes, autour d’autres dé si r,s. + ‘* ‘ * ‘ * ‘ *Les étoiles faites pour mourir vite, divines, vont et viennent,grosses ;vieillottes,elles s’étranglent avec les fils devenant pères, moi qui grandit. ces minutes))
« Generations will come and go ». « It’s gonna be allright »passepasse
. ... petite star dee rien, tut’élèves.
. . .. . pas haut t’élèves 1 rien.µ .. ... saute !O !
Mardi 20 août 2002 La mode et la musique varient (déjà le printemps est parti, et la fin des vacances). Chaque disque s'insère dans une collection autant qu'il se tient isolé, excitant de nouveauté (« Release » sera dans une année vieux ; dans vingt années sera sans âge, un vêtement d’aïeul dans un grenier. Les musiciens vivront comme avant, disparus des télévisions et des radios. Bientôt poseront une nouvelle esthétique, relativisée par les précédentes) : un album neuf dans un parcours, c'est un éclat au quotidien : un rayon de soleil, des vacances familiales. C'est ni Bouddha superstar, ni le nouveau monde.
Bon je mélange j’ai commencé y a des mois ; veux arrêter, tout jeterVEU.
En chambre m’habille pas mais j’adore les froufrous (Lola parle de ses « froufrous », l’expression m’amuse !X X ;XXXXoXXXXXXX) : un soutien-gorge à bonnets pâquerettes, un pull à col d’un mètre 1 , une chemise fendue dans le bassin, des chaussettes fluOs. J..’ai laissé LOla les dOnner;jveux dvêtements neufs. demain Mes frOufrOus c’est moi j’veux être une autre. Veux. Anéantir ma garde-robe chOuett ! VEULXPour commencer : j’achè/: ù:terai des trucs. Peu, pas cher, ailleurs, d’occa ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ sion ZZZZZZION ;! je customiserai, envie de rapiécer, j’garderai pas dans dix ans la couche du printemps(à venir), pasdan une armoire en tout cas :DANS MA TETE, en souvenir ou dans ma démarche, pourquoi pas, les escarpins de geisha évacués depuis des mois pour changer pas encombrer j’allègRrai mes couche mespé riOdes. HistOires.passé présentfutur futur.
A demain !! !
Dimanche.
Mercredi 21 août 2002 « Literally » a une couverture brun brut, couleur carton. A l'intérieur la typographie et la mise en page sont soignées. La revue est envoyée deux fois l'an aux affiliés du fan club. Sur la dernière livraison des contours forment, en petit sur le grand format, deux hommes heureux.
Des centaines, globalement plus vieux et rares qu'il y a vingt ans, reçoivent cet objet désiré et payé ; une manie les unit à d’autres ayant commandé le même objet, ailleurs, ou ayant contribué à sa production. Ces autres forment une communauté. Ils ont pour intérêt un couple qu'ils côtoieront jamais ; tristesse ? Non, car ils côtoient des créations : sur du papier ou en mots, en musique ou en paroles, ils côtoient telle réalité, pour eux : les Pet Shop Boys. Irréalité au moins confuse, pour les deux mangeant ce midi et se demandant si, dans la boîte à lettres de leurs admirateurs, les PSB n'existent pas plus qu’en eux. Se sachant en représentation, à intervalles réguliers (qui, regardant « Literally », songent avoir rassemblé des étrangers, éloignés, aussi leur ressemblent ?).
Faudrait mieux dire : moins s’y perdre.
leciel gris brille J’ai pas dormiAttePASndais de finir.
ici:que restera-t-ilde ces pages,kommedi rait Léo :? Fil, lien, encore. De nouveaux fils sur mon cOrps. QOOOOOOOOOOui s’emmêleils s’emmêlent ; ils s’en mêlentencore ce fil petshOpbOyish sur les fils d’hier, deBarcelOne éd’après, et d’avant. Plus. De nouveaux fils+, de nouvelles personnes.qui crée un fiIl peut crevUer;d’autres vivent avecsOnbOut,O accrOché(La caisse précieusement cOnservée, dOnnée par Lola valsera hop !à la décharge ! Avant sOir. )
Je sOrs à trois heu r s -OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOo;OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO le sac est prêt. É les fils sont pas lourds.Parfois Ou.i ..pas obligé).
((Mélanger. Tirer. Des toiles d’araignée rébrisées par le vent, où l’on passe.))+++’+arfïlolruiu
Left to my Own devices, I probably would »: crever, crever! Les toil lescentres, trOuerOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO .jh,vOOOOOOOOOOOO OOOOOOOOOOOO OOOOO, flOtter avec les restes ; les toiles d’araignée collées à nous après la promnadauboOis.
Left to my own devices, I probably wOuld sans défense sans sans, avoir sSOi. C’est une chanson oùsan ça va, ça va, ça va vite: des fragments arrivent :un mois, six, 3 ans ;7\ l :es fragments s’accu mulent le temps se brise,Ossidéjà au débu est un opéra synthéti k, et le tik passé, « I was a lOnely boy, no strenght, no jOy » ; à la pause « I was faced with a choice at a difficult age » ouiouioui, pour mOi.omi pareil : le verr mOitié plein mOi tié vide de Ue Léo ! Iih! besoin d’un nouveau départ, forcément, forcément illusoire, oui oui Léo, t’es paspaspaspas pas pas paspa loin : se délester, laisser hier, ou le crever faire des fils, garder les fils –qui relient quiparti ? qui
p ar t ih ! Icifairedestoiless’emmêler , pas vouloir contrôler, peu ranger caronajeu té. Plein !, plein :le désordre fa it pas peur. Tant pis tant. Mie u x.
1 : Léo, tO n fil ; 2 : pop duo, un fil. 3 : hop!hoplàMO I ! hp o li ! – t on f i l. Tisse, tis so lé : o- o-o l é-é -é !
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Lundi 25 août 2002
Aller sur les routes, changer de ville, avoir pas de danseur. Offrir des chansons que personne a entendues, être visible de près.
Visiter les universités, à l'ancienne : avoir cette verdeur, désuète.
Devant, debout (alors qu'il y eut tant de shows élaborés – jusqu'à s'implanter dans le West end), certains furent troublés d'entendre, imparfait, ce qu’ils écoutèrent dans leurs maisons...
Si les soirées furent filmées, encore y aura-t-il des plans sur le public : une fille ou un garçon bouche bée, levant ses yeux ; le visage sera rouge, la peau sans maquillage, l'attitude emportée et malhabile.
Ensuite des professionnels monteront ces plans, qui pourront dépareiller (peut-être le garçon ou la fille aura des fleurs trop colorées, sur sa chemise).
Qui regardera, enfin, ne pourra s'empêcher de juger le spectateur... penser lui ressembler : telle touche unira, avec la guitare grattée parmi les séquenceurs, au quotidien l’exceptionnel.
ridiculéperdu d’avance ?non je suis dan la salle commun’. reste peudete mps. J’attends l’appel de LOla ajouterai une intrOduction, mettrai LéO, après ses Pet ShO p BO ys mêlés à moi, après mon jo o eb. J’ajout erai rien. C’est décidé. Je termine et mets sur w e b.ordel. Pou r être ailleurs, tO ut à l’ heure (on pourra it con tinuer. On OOp Ourra).
De s démal ades lisent des livres, des lu ne ttes pOOsées s ur leurs yeueux . Des malade s rëgardent des téléviiiiiiiiiiiiii!siOns, jO uent des musiqueske, vOnt ailleurs reliés à des Ordinateurs (la fragilité rend curuuuieux ?) Ils désirent ; je crois. CroO¨OOOOOOOOa, oiseau. Jj’désijre. ¨* := ; ;= n O ù u^ ¨,…
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Vendredi 29 août 2002 Le communisme apparaît à nouveau dans « London ». Jamais dans cette euro-pop il apparut avant d'avoir à survivre dans des contrées, même, capitalistes extrêmes : ainsi les boum boum allient humeur de guerre et besoin de charité ou, au moins, d'entraide (si l'amour est un arrangement, une affaire d'association temporaire - rien à voir avec la tristesse du mot « pute » (peut-être, plutôt, avec l'expression « personne de compagnie »)). Après la chute de l’utopie, il peut s'agir de départ, ou de fuite : toujours personnelle, l'errance provient d’une envie : voir du pays, trouver un intime... en sortir.
Etrange comme chercher une nouvelle vie demeure : étrange comme on s'obstine à croire, malgré les icônes cassées, et comme ça fait avancer, partir certes, arriver donc. Jamais où l'on voulait. Où l'on est toute fois. Où l'on cherche. Quoi ? Qui ?
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Jeudi 5 novembre 2022
Marrant : l'ami d'enfance j'peux pas m'empêcher de le voir petit ; on est retournés au bar du chocolat chaud. Fermé. On est allés chez lui. Il m'a lu des textes beaux (moi qui aime si peu lire... ). Je pourrais pas me souvenir du sens des phrases, mais sur le coup, ça faisait comme un tourbillon. Il est très féminin. A l'air de vouloir être mon amant. J’ai pas parlé de moi, des mois passés. Je souris. J'étais heureuse. Perdue mais heureuse. Les fraisia jaunes sont fanés. Il m'a offert des lilas. A dit que les saisons sont finies, et qu’c’est pas grave. J'ai jamais aimé un homme. Tant pis si c'est tôt.
Lundi 2 novembre 2022 Les fraisia se fanent ; j’vais les laisser sécher au bord de la fenêtre ; sur la table y a maintenant des iris mauves.
J’invente des explications sur pourquoi, dans la ville, tel coin plutôt qu’un autre sera détruit. Pourquoi ? Idiot : envie d’arrêter ; les rumeurs qui évoquent les incidents, je les entends seule. Plus de sous sur le compte. Je sors au hasard. Rentre tard. La ville paraît un terrain de jeu. Ce sont des bruits qui surprennent mes tympans – mon pays n’est pas en guerre ; je fais pas partie d'mon pays. J’me suis promenée hier. J'étais perdue, tout près. Personne dans les rues. Trop tard. Fatiguée ce midi.
Seule.
Jeudi 29 octobre 2022 J’ai personne mais suis bien entourée (y a plus d'amour que d'amoureuses).
Ai eu peur ce matin. Ai peur.
Veux pas mourir.
Hier je savais pas, aujourd'hui je sais. D'instinct. Lola veut pas mourir non plus. J'veux qu'elle vive, qu'elle voie un enfant de moi ; elle me rend forte et moi je tombe. Elle me parle. Je suis allée la voir, ai préféré rentrer à cinq heures, « tant pis si les quartiers sont bouclés » faisait ma tête. Sur le chemin, inventer des trous dans les murs des bâtiments ; un propriétaire qui parle sans cesse, un attroupement pour l’écouter, son magasin détruit. Les hélicoptères remuent le ciel.
Du basilic près de l'arrosoir enterré – une marre boueuse dans l'arrosoir.
Mardi 27 octobre 2022 Au cimetière des fraisia rouges. Un fraisia pâle sur la table.
Lundi 26 octobre 2022
Une explosion a fait sauter le sommeil, un peu plus haut dans la ville ; impossible de déterminer où, qui : il est trois heures du matin ; sous la couette. J’me suis pas rendormie. Plus de bruits de nuit. Des militaires. J’m'éloigne pas parce que j'ai pas envie. La tension m'en fous. Les surveillants sur les toits, en face, armés, occupent le terrain. Je vois la guerre ; les chars pas loin : ils roulent sur des débris. Les blindés partout. Trois voisins rafistolent l’égout défoncé. Ils mettent des pierres sur un grillage. Evacuer la honte : pas participer, à la réparation comme à la destruction – tout paraît absurde ; je regarde par la fenêtre les militaires parler aux trois hommes ; peut-être parce qu’on a pas le droit, peut-être juste pour discuter.
Lola dit je suis folle : personne dans la rue.
Jeudi 22 octobre 2022 Pour la première fois, dans le noir du bruit. Des chars.
Mercredi 21 octobre 2022 Sortie. L'automne. Il pleuvait des éclaboussures. Je regardais les vitrines pleines (les gens achètent moins qu'avant). D'abord, un reflet s'est approché ; je me suis retournée. C'était un ami d'enfance, pas vu depuis dix ans. On a bu un chocolat chaud ! Il a parlé. Beaucoup plus que moi. Après deux chocolats on avait pas envie de partir, sans se le dire. Je me suis levée (on va se voir). Il pleut encore, alors qu'il faisait soleil. M'intéresser à Léo m'a changée. Ou autour de moi des événements m'ont changée mais je suis plus pareille : au début j'voulais faire un journal comique, raconter des choses légères, les cabrioles du quotidien comme c'était fréquent, à l'époque des descriptions sérieuses de Léo - ça a viré. ... de l'absence est venue. Autour est plus ; j’suis plus. Je pense... tellement. Tellement c'est étrange. Tu manques. Tellement (qu'est-ce qu’y a à dire ?).
Jeudi 15 septembre 2022 Les roses sont à la poubelle.
Dimanche 11 septembre 2022 Chez le fleuriste, que des marguerites.
Lundi 5 septembre 2022 A onze heures sa famille je la connaissais pas. A midi on l'a mise en terre. Un moment calme ; j'ai pas la force de pleurer. J'ai rien dit. J'étais pas loin ; son père avait le même visage rond et dur. J'ai pris un taxi. Payé. Je m’emporte. On m’emporte. J’vais aller chez Lola. Elle sait. Ecoutera. Parlera. Pour parler, pour combler, pour que les secondes passent. Je sais pas mon état. Veux pas savoir. Suis calme. J’veux dormir. Ai pas sommeil. Suis personne, soudain, soudain rien ; flotte. Lourde. La gorge mange pas. A l'église y avait un prêtre. Y avait de la musique tout pour rendre doux, bien, et le calme et les mots, faux bien sûr : cons, je m'en fous mais le débit, le ton ; la compassion ; pas être seule avec la douleur ; l’illusion apaisait.
Que du vide.
Pas être seule.
Mis la robe rouge ; je venais de la laver ; c'est pas morbide ; qu'une robe (pas porter le deuil). En rouge. Rien tout le monde meurt. C'est rien. Normal. Tout finit point. Point. Partout c'est emmêlé, ou moi j’suis emmêlée et elle, c'est comme si elle avait jamais existé (dans un mois elle aura plus la même forme. Elle se souvient plus d’nos plaisirs. Et des mille et mille mots entre, surtout des paroles. On était joyeuses). On a été joyeuses. Personne, rien prendra les secondes puisqu'elles partaient tout d’suite. On a rien perdu. Pas couru après elles. Inutile. Voilà. Voilà voilà voilà voilà voilà voilà voilà voilà voilà voilà. J'y vais. J'ai envie qu'il pleuve. Veux pas d’chaleur. Qu'il fasse nuit pour dormir pour qu’ça passe ; je sais pas si j'aurai la force ; faut pas de force ; tout passe. Passera. Faut pas qu'ça meure. Faut pas le morbide. Faut pas nier, c'est perdu, pas nier qu'elle bouge plus et voilà. Elle pouvait. Comme tout le monde. Pourquoi ? Sans raison, rien, rien. Parler rien dire, rien faire ; trop parler. Parler. Parler. Manger. Aller. Sentir. Oublier. Oublier je sais pas. Y avait tellement de tombes, dans le cimetière, des gens qui se baladaient, ou venaient pour la milliardième fois et banalement ; des tombes qu'on enlevait, mises sur le côté pour faire de la place. Comme ça, en travers.
Mardi 30 août 2022 Les trois roses meurent dans leur vase. Elle est morte mercredi.
Lundi 22 août 2022 Elle est venue ! S'est levée tôt, est allée chez le fleuriste du coin tchip ! a ramené trois roses (rose, orange, jaune) ! (On va acheter une robe verte pour elle, une rouge pour moi !) Après l’amour elle a aimé entendre parler des pioupioux verts qu'on voit (à Barcelone) voler d'un arbre à l'autre !
Dimanche 21 août 2022 Personne sait qu'je suis rentrée ! Dans l'arrosoir enterré, pour le moment y a qu'une toile d'araignée (la boue a durci ; si un nuage arrivait... ).
La rose pourpre a séché dans la bouteille. L’eau évaporée. J’imagine des gens acheter des denrées genre sucre, pâtes, riz ; en parle à personne, mi-amusée mi-confuse : je dois prévoir moi aussi, au cas où la guerre viendrait pour de vrai ? (Je sais qui se battrait.) En tout cas j'y croyais pas, avant (la ville a pas changé (à Barcelone c’était moins stressé, pas plus... )). Comme j'ai pas pu acheter une robe verte pour la faire glisser, un jour, des épaules de ma p'tite rousse (mmmhhhhh... ), j'irai demain. Puis je regarderai combien d'argent j'dois encore dépenser. Puis j’vivrai bien, quand j'aurai ce que certains appellent nièt ! Hier soir l'avion a traversé une perturbation ; j'ai pensé à la mort. Voulu vivre. (Bon, j'vais entendre l'accent étranger d'ma p'tite neuve, et elle verra, quand on se connectera, que j'suis plus à l'hôtel – peut-être elle viendra alors (alors on achètera deux robes ?)!)
Samedi 20 août 2022 Epuisée. Comme à l'aller. Je rentre.
Barcelone a des rues qui grimpent. Impression de mieux la connaître après l'avoir suivie en montant : jusqu'à un parc où d'autres touristes prenaient l'ombre. Une fontaine à droite de deux bancs, une plate-bande allongée. Du repos. La rumeur des avenues absente. Des pioupioux verts passent filent. Tout d’suite. Silence. J'aurai peu vu, pas parlé espagnol ; ce voyage était vers l'amour, enfin j'ai senti le dépaysement, comme ça peut rapprocher de vouloir serrer quelqu'un, quand on a besoin, et qu'une autre personne est isolée, aussi. Hébétée. Fini (j’suis fatiguée d'avoir marché ; la nuit dernière mon ventre s’est soulevé (bien-être)). L'avion triste après les couleurs des marchands - leur pêle-mêle me rassurait, à peine contrôlé ; et le savoir-vivre qui étonne : avoir chaud, aller boire un verre ; être stylée parmi la poussière, ouhla j’vais pour aujourd'hui me taire !
Vendredi 19 août 2022 Entendu d’la violence à la radio (puis j'ai éteint l'ordinateur). Un pigeon se f’sait manger par un chien errant, vieux avec des moustaches. J'ai passé mon chemin et songé que le chien mourra puis sa viande sera mangée dans la rue. Ensuite j'ai pensé être un animal et me suis dit : il n'y a pas d'âme éternelle : rien que de la matière agencée selon telle forme, telle forme ou telle autre je veux dire ; j’ai pensé : quand une matière est agencée d'une certaine manière, elle a des sensations, des sentiments. Elle se lie à d'autres matières, etc. ; pourtant lorsqu'elle se désagrège, il n'y a plus de personne, plus d'âme : rien que les atomes mais c'est pas grave : puisqu’on sait pas combien de choses se désagrègent, on sait pas combien se construisent. On sait pas combien y a de vies, de spiritualité, d’esprit enfin c'était clair, quand je marchais. Je vais pas rentrer parce que je crois qu’la guerre vient ; je vais rentrer parce que j’veux pas faire l'amour avec mon amoureuse projetée au plafond : on se touchera. Ce matin on a beaucoup parlé ; un peu on s’est léchées (c'est pas pareil, à distance : pour la première fois s'endormir et s'éveiller l'une près de l'autre serait mieux. Oh j'peux plus attendre !).
Les cadavres tout près, j’comprends pas (pourquoi les voir) ; fuir !
Jeudi 18 août 2022
Indigestion, nuit blanche, j’attends de finir vomir ; j’peux pas m’obliger. Suis à trois quarts vidée, encore un quart, soulever mon cœur, être emportée, huit secondes, rester le dos trempé, frissonner, prendre une douche, je sens : ça vient.
Mercredi 17 août 2022 Elle a répondu « j’suis aussi ton amoureuse » (ça m'a rappelé mes huit ans ! : j'aimais bien les amours qu'on se déclarait, sans savoir ce que ça disait, surtout : se dévêtir devant l'autre (maintenant je sais, et ces mots m'ont fait plaisir si fort qu'il a descendu le ventre)). Dans le noir de la chambre d'hôtel je l'ai embrassée. Première. Au plafond son visage était vert. Ses lèvres goûtaient rien (j'ai vu qu'elle était heureuse (On a rendez-vous demain ! à dix heures.)).
Mardi 16 août 2022
Dans le grand parc je suis pas allée au zoo. Sentir l’odeur des bêtes, derrière les hautes barrières a suffi. Beaucoup de monde dans les ruelles, et d’la sueur ! De l’ombre. Des plantes de trois mètres dégringolent du second étage d’une maison. Le maître d’hôtel est vieux, sûrement son père avait sa place, vingt ans avant. Il parle pas ma langue : il grogne. La salle aux trois douches, j’y vais quand elle est vide. Lola a peur ; peut pas s'empêcher d’se souvenir de Léo. Elle dit elle était pas là quand il est mort. Je lui ai dit : « Lola, j’suis pas morte : c’est juste la guerre ! ». Et elle a ri.
Lundi 15 août 2022 Barcelone. L’ordinateur mettra devant mes yeux qu’ma patrie est en conflit ; comme ça pourra être une blague, je me renseignerai et vite, le même message sera partout. Je crois.
Le calme attend. Balade dans des ruelles, sous un arc de triomphe en briques (naïvement peut-être, j'l'ai pris pour arabisant) - trop de marche... ... Avez-vous déjà vu des murs humains ? Moi oui : leurs pierres sont égratignées, et des mains ont mis des graffitis. Ils donnent le même sentiment qu'le vieil homme avec une tribune, qu'ont dépassé deux gamins. Avant remue-ménage ; sommeil en surface. Au matin le balcon était toujours là, tournant avec le coin de l'hôtel. Je pense moins au bordel ; me demande pas si j’dois rentrer ou non (je connais personne ; ça pèse peu). La fille aux seins en poires a des cheveux teints en roux. J'ai pas pu l'inviter avant de partir. Je pense à elle ; vais écrire je t’êm.
Dimanche 14 août 2022 La boue a rempli l’arrosoir (on verra si ça peut dev’nir autre chose que du brun mou... peut-être qu'une plante va s’y poser, ou que des chenilles sortiront ?).
Les cheveux repoussent, je les sens sur le front, dans la nuque, dans les airs.
Pour dépenser les économies partir - gou ! Je reviendrai pour quelqu’un - j’espère. (Dans l'avion vers Barcelone tellement de musique et de films disponibles que je reste au pc - on arrive dans une heure. Sur mon dos le tee-shirt années 2000 d’ma Lola est fashion fashion (dessus est écrit « bowling » (Lola a cinquante ans ; elle est vivante ; son grenier a des couches de poussières, et des fripes chouètchichou - ouiziiiii !))!)
Vendredi 12 août 2022 J'ai enterré le vieil arrosoir en fer blanc dans le petit jardin derrière le salon : pour que des libellules ou une araignée s'y plaisent, et les observer, bientôt (s’il pleut l'arrosoir se remplira, mini mare artificielle). Nombreux sont ceux qui ont pas de jardin. Peu sont ceux qui ont une maison - on peut vivre dans deux pièces, même dans une chambre avec le réchaud de ses grand-parents : tous les objets qui encombrent l'appartement, je vais les jeter. J'achèterai rien : il suffit de sortir pour voir dans les magasins tout, plus l’imprévu ! La solitude ouvre (je vais inviter la fille aux seins en poire ; ce que je voudrais : qu'on se taise à la fin, et qu'elle sente je la sens, et qu'on se rapproche).
Vendredi 5 août 2022
Pas envie d'écrire : envie de vivre !
Jeudi 4 août 2022 Lire « j'ai envie de lui lécher l'anus » choqua mon ancien amour (que j'aime encore, mais pas amoureuse : je l’abandonne pas – l’efface pas. Les pleurs sont pas toujours tristes) – même partie, elle lit mes choses que je rends publiques (à la suite de Léo (notre manière de partager l’intime ?)). Léo observait ce qui l'entourait ; évidemment il le décrivait comme il le voyait, mais si ça existe ça peut être écrit : si j'ai envie de lécher un anus, là ! J’l’écris ! (trop penser = ratatouille !)
+ une rose pourpre sombre dans la bouteille.
Mercredi 3 août 2022 - 0:12 J'ai envie de lui lécher l'anus, c'est fou. Oh ! qu'elle pense à moi !
Mercredi 3 août 2022 - 0:08 Mon aimée s'en ira demain ; elle a dit elle prendra ses affaires. On continuera de se voir. On sera amies. Elle veut qu'avec cette nouvelle fille il se passe des moments légers : que le début de l'amour puisse exister à fond, elle a dit elle veut qu'on puisse dormir dans l’même lit. Merci. De cette nouvelle fille je voudrais caresser la braguette du pantalon de velours brun. Me mettre nue sur elle, après l'avoir longtemps voulue, mouillée. Je mouille et des larmes pointent.
Mardi 2 août 2022 - 23: 48
Je suis amoureuse de ses hanches rebondies quand elle s'assoit. Je suis amoureuse de ses lèvres roses. Je suis amoureuse de ses mains avec à un doigt, une bague en losange et à un autre, une bague grenat. Je veux l'embrasser. Je veux être avec elle. Je suis heureuse qu'elle existe.
Mardi 2 août 2022 - 19:21 Chaleur ! Mains moites ; amitié.
Lundi 1er août 2022 Au matin encore endormie, j'ai senti la terre trembler. Pas beaucoup : ç'aurait pu être irréel, comme un prolongement de sommeil. Bizarre trois secondes... l'appartement a bougé avec le lit comme si tout restait uni, attaché au sol, et qu'un géant secouait la ville... joujou. Une dizaine d'avions passent dans le ciel : des avions rapides et plats. Un par mi-minute.
Dimanche 31 juillet 2022 Cette façon de poser les mots comme ils viennent, et les morceaux les uns après les autres, c'est post-Léo ; mais la façon de parler comme il faut, à l'ancienne c'est toujours Léo (j'aime beaucoup Lola, qui n'aura plus d'enfant (Lola aima Léo – alors peut-être elle m'a transmis, avec son accent qui parle lent, un rien d’son amoureux ?)).
Sur le boulevard une fille a claqué sa main sur ma face.
Vendredi 29 juillet 2022 Dommage que le quartier homosexuel s’est pas diversifié (j'aimerais déménager ; pas de l'autre côté du boulevard (le soir ce serait ennuyeux), plutôt sous les greniers).
Essai de vie : Ca m'intéresse pas de gagner plus de sous en étant active, et d'aller au calme en payant l'espace autour de ma chambre. Je suis pas très sociable, non plus : j'ai pas tant d'amis, alors qu'y a tant de groupes, de plus en plus, et beaucoup de gens, beaucoup. Je veux ni la paix, ni la violence. Dans un jardin hors de la ville, justement, j'ai vu de la verveine au milieu de rosiers clairs. Ai aimé ces tiges dressées haut, avec des fleurs aristocrates et communes : d'un côté des plantes semées partant droites, de l'autre des plants mûris à tailler, chaque année. Mêler l'ordonné au laisser aller.
Jeudi 28 juillet 2022 Cette nuit seconde soirée à quatre ; la fille aux seins en poires boit trop : ses yeux pétillaient ; Nelly et mon amour, à côté, me regardaient la regarder. On s’est pas disputées. Avec mon ange on va plus vivre ensemble. On restera proches, et plus, baiser (si on veut (elle veut)).
Mardi 26 juillet 2022 L'orage a rappelé le décès de Léo (quand j'avais moins d'un an ; la foudre l'a touché alors qu'il arrosait ses jardinières - drôle d'idée, arroser des jardinières pendant l'orage (sans doute il a voulu apporter la fraîcheur du soir, chez lui et aux plantes... - l’imaginer fleuriste, mignon !)). Lumière après l'orage. Soir tombant. Pourquoi tant de personnes attirent un même sexe ? Lola – ma presque mère/ma ma – a confié avoir songé un moment aimer des filles ; puis non elle est allée avec un homme, puis quelques autres. Puis elle l’appelait son frère. Elle pense ça a tenu à peu, son hétérosexualité.
Le tournesol à la place du lys rose, flanche.
Lundi 25 juillet 2022 Nelly a amené une amie qui habite le quartier (on l'avait jamais croisée !) ; une jolie fille aux yeux verts, aux cheveux roux, habillée en pantalon de velours, ronde avec des seins en poire ! On a beaucoup ri (sans beaucoup boire).
J’ai dessiné une fleur qui existe pas.
Vendredi 22 juillet 2022 Deux poissons rouges dans un aquarium (pour faire comme dans un vieux film taïwanais).
Les lys roses meurent.
Jeudi 21 juillet 2022 Beaucoup d’informations, chaque jour ; je les écoute pas.
Lola évoque son défunt (sans douleur, c'est loin). Elle parle d'un Léo différent de celui dans ma tête : elle qui écoute les nouvelles pense il aurait pas été étonné, aujourd'hui ; elle dit c'est un miracle : tant de différences, p’t-être ça va exploser.
(La saleté colle aux carrelages ; j’avais peur d’la regarder et vite ! en trois heures tout était nettoyé, à fond. Fait propre. Rangé : gaigai !)
Mardi 19 juillet 2022 Je parle plus de Léo. Le reconstituer lui j'y crois pas : un peu de lui, mais de l'imaginaire (un peu de moi), vient... La première chose qu'il a provoquée : faire ce joueb. (Et dans vingt ans si quelqu'un tombe sur cette page, il s’ajoutera à nous (Ouf ! j'écris comme Léo, sérieux ! Pouiït !) ?) Ah ! Lola s'est mise à la coiffure brousaille (j'lui ai coupé les ch’veux !) !
Lundi 18 juillet 2022 Nelly, douce a.mie, a écrit une chanson :
(voix féminine) J’ai volé une tulipe Pour mon veston cintré Elle a dit et même J’ai volé du thé
(voix masculine) Ma chambre est des couleurs Aux murs mill’ kawaii Quand on s’est éveillés Tulipe était fanée
(lui) Je suis fatigué Je ne sais pas pourquoi (elle) Tu as trop baisé Avec moi
(lui) Sur une amaryllis Une mouche s’est posée Lors envolée La fenêtre vide
(elle) Je l’ai pas avalé Lui est entré Il est resorti Puis sort un petit
(elle) Je souris (lui) J’étais heureux Perdu Mais heureux
(elle) Je suis fatiguée Je ne sais pas pourquoi (lui) Tu as trop baisé Avec moi
(lui) Les nuages ont passé Derrière les étoiles A peine germées Là-bas, sont parties
(elle) Otonappoi
Samedi 16 juillet 2022 Dans le joueb de Léo, ce que je préfére : la partie sur un vieux groupe (disparu ?) – les « Pet Shop Boys ». Rigolo nom ! Faut qu'j’trouve leurs musiques pour déballer ce bazar, tiktok, fourbi (j’comble mes journées avec des fourbimachitiktokexpériences (cherche pas de travail. Enfin si : ce matin j’ai appelé trop tard (le travail était pris)). Oh ! et j'ai rêvé d'un magasin de p'tits chiens ; au milieu de la vitrine j’ai choisi un bébé).
Mercredi 13 juillet 2022 Argh ! à la cinémathèque, trois minutes avant le début du film, une fille sort des toilettes avec une mine dégoûtée – je suis pressée, entre... de la merde partout sur la cuvette ; puuhhhh !
(Et celle qui a sali a vu le film avec moi, loin de sa merde brun clair.) J’ai pensé à mon accouchement : une petite chose évacuée de mon corps sortira ; ce sera pas moi (Nelly lui chantera ; mon amoureuse la bercera. On achètera une petite cuvette ; on s’amusera !).
L’oreiller a jauni. Des lys roses près du lit.
Mardi 12 juillet 2022 Je viens de tomber sur un vieux site ; c’est pour ça que j'écris cette page à l'ancienne : Léo est mort en 2002, trois mois après avoir commencé un carnet, un « joueb » on disait. J'allais arriver en Europe et la femme qui m'a élevée a aimé Léo. Il n'est pas mon père évidemment mais ça m'intrigue, reconstituer une personne à partir de si peu – étrange : des mots d'ordinateur témoignent de sa vie (si Lola m'avait pas parlé de lui, de ses petites lunettes et de ses polos délavés, Léo pourrait avoir jamais existé : être imaginé). Et puisque c'est un jeu, mon carnet le voili ! Mini vie d’aujourd’hui (du moins ce qui peut en être dévoilé... ) : Nelly m'a coupé les ch’veux (comme elle avait peur de m’faire laide, elle a pas osé les raser ; tant pis : ils sont bien pour que demain isdressent en broussaille. Sur mon crâne ola ! Oui ! Ouh ouh ! Vite les tremper bih !).
1
léo . . . . . . . . p. 4.
2
petshopboyish . . . p. 22.
3
léa . . . . . . . p. 51.
Léa êm Léo, ça pourrait faire une chanson.
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18:39 |
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un ami m'a dit 
s'il avait le choix entre le pole Nord et une chambre avec une femme jalouse il choisirait le pole. il faut le croire. c'est une bonne décision.
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12:23 |
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1) frederic |
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.lundi, juillet 14, 2003
12:48 |
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CÉTACÉ mais je parle pour moi. |
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12:26 |
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et l'on ne saurait parler de publication sur internet. puisqu'aucun écran ne saurait faire tiers. |
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12:23 |
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cette tentation de s'écrire, de passer lettre morte. |
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12:12 |
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 |  |  |  | . pas d'après, . pas d'avant . l'instant . un instant qui s'éternise . qui devient triste |  |  | |
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12:08 |
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"[...] où la visée d'exhibition succéderait à l'inhibition névrotique et où l'obscénité serait d'abord celle de l'idéologie marchande. Le sujet se réduit à son être pulsionnel qui s'inscrit dans la logique obsessionnelle du comptage; tous les objets sont consommés sur un mode brutal et compulsif, dévoilant sur fond de cruauté mélancolique le versant addictif du rapport au manque." |
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12:08 |
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1) une image mène à une autre image lorsque clique dessus, et les autres cliquent dessus, même moi je clique, , je clique comme vous, même si c'est moi qui ait mis en place le dispositif 1)
1) une image mène à une autre image 2) clique sur l'image 3) vous arrivez sur une autre image 4) après, ?
Fr. M. |
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12:07 |
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 |  |  |  | . oui, . c'est ça qu'il y a sur internet . pas de passé . pas de futur . l'instant |  |  | |
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.dimanche, juillet 13, 2003
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